
En tendance, en 2010, plus de 2/3 des parcelles de blés sont en risque de verse faible. Les autres parcelles doivent être en risque moyen. Rares sont les parcelles en situation de risque fort. Les facteurs explicatifs sont variés. La proportion élevée de semis tardifs (après le 15 novembre) couplée à un faible tallage lié au froid de l’hiver, augmente la proportion de parcelles en risque faible. Le retard des stades réduit le risque verse car les blés initient leur montaison en période de jours plus longs que d’habitude. Ils captent plus de rayonnement, ce qui a tendance à limiter l’allongement des entre-nœuds. Le niveau satisfaisant de nutrition azotée en début de cycle modère le risque.
Application peu nécessaire en blé
En conséquence, les applications de régulateur ne seront pas nécessaires dans la plupart des cas (semis tardifs, tallage faible à modéré). Pour une partie, un simple passage de C5 ou C3 sera justifié (semis précoce, peuplement de tiges satisfaisant, proche de la normale). Pour les rares parcelles en risque élevé (variété sensible, semis précoce, bon peuplement, niveau élevé de reliquat) le Cycocel C5 pourra être utilisé, mais il sera préférable de le fractionner autour du stade épi 1 cm (1/5 l/ha puis 1 l/ha). D’autres produits tels que Cycocel CL 2000 ou Mondium (2 à 2.5 l) sont également utilisables sur des périodes plus longues. Quand le Cycocel C5 n’a pas pu être réalisé à temps, on emploiera Moddus (0.3 à 0.4 l) ou Meddax Top (0.6 à 0.8 l), au stade 1 à 2 nœuds. Dans tous les cas, l’évaluation du risque se fera à la parcelle.
Risque moyen pour les orges
En tendance en 2010, plus de 50 % des parcelles d’orge sont en risque de verse moyen. Puis suivent en proportion les parcelles en risque fort. Les parcelles en situation de risque faible sont minoritaires. Les parcelles en risque modéré nécessiteront une application classique de régulateur. Ce traitement unique s’avèrera suffisant s’il respecte le stade et les conditions d’application : attention tout particulièrement à ne pas dépasser le stade « Sortie de la dernière feuille » pour éviter un traitement phytotoxique positionné à la sortie des barbes.
Antoine Bray
Arvalis-Institut du végétal