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Œufs / Contraintes bien-être et environnement - Développer des synergies avec les partenaires
 

L'année 2009 a été bonne pour la filière œuf, grâce à une reprise de la consommation en France", souligne André Chouan, président de la section œufs de Coopagri Bretagne. La crise a été bénéfique à ce produit peu coûteux. Ce n'est pas la seule raison. La mise aux normes a également favorisé le marché. "La production allemande d'œufs a en effet diminué (-17 % en 2009), le temps d'installer les nouvelles cages dans les poulaillers. Ce qui a provoqué un appel d'air pour la production française".


Hausse de 11 % des cotations


Les cotations ont atteint en moyenne 6,74 euros/cent œufs, en 2009, contre 6,06 en 2008 soit un gain de 11 %. "Ces cotations favorables ont été accompagnées d'une baisse du coût alimentaire", explique Jean-Marc Le Franc, responsable de la section. "Le prix des céréales a baissé de moitié par rapport à octobre 2007. Par contre, le coût des protéines reste élevé. L'indice aliment de l'Itavi a chuté de l'indice 155 en 2008 à 115 en fin 2009". Parallèlement, les performances techniques (nombre d'œufs, indice de consommation et mortalité) ont progressé.
Le début d'année 2010 a démarré sur la même tendance. Les cotations TNO se maintiennent à un bon niveau. Les perspectives de coût alimentaire sont encourageantes. "Certes, le potentiel de baisse du prix des céréales est faible, mais on peut espérer une légère diminution du prix du soja, compte tenu de la production record en Amérique du Sud".


Conserver les droits à produire


Le marché des œufs de plein air est en croissance et représente un tiers des ventes d'œufs coquille, au niveau national. Globalement, l'œuf produit en cage reste largement majoritaire avec 80 % du potentiel de production français. Quelle sera la situation dans 2 ans avec la directive bien-être pondeuses qui prévoit la mise en place de cages aménagées au 1er janvier 2012 ? "L'investissement est lourd (25 euros par poule) et nécessite de la visibilité pour amortir sur 15 ans", estime André Chouan. Près de 4 éleveurs sur 10 hésitent dans leur choix. "La production d'œufs en cage pourrait baisser de 20 à 30 %, s'il n'y a pas de transmission des droits à produire et de construction de bâtiments neufs".
Avec ses 750 000 poules dont 150 000 en production alternative, la filière œufs de Coopagri est modeste. "La prise de participation de Coopagri dans Nutréa NNA devrait permettre des synergies entre les deux entités", déclare Hervé Talec, directeur des productions animales de Coopagri. Avec ses 3,4 millions de pondeuses et ses 910 millions d'œufs produits, Nutréa a mis en place un bureau de vente d'œufs et travaille avec une vingtaine de clients. "Un partenariat peut être trouvé à ce niveau ainsi que pour la mise en commun des plannings de poulettes. Les expertises technique et nutritionnelle devraient également être renforcées, par cette collaboration".

 Patrick Bégos


Photo : De gauche à droite André Chouan, président de la section œufs Coopagri Bretagne, Jean Bernard Solliec, directeur général et Hervé Talec, directeur des productions animales.





“C’est le débouché qui compte”


Une longue recherche mouvementée de valeur ajoutée non couronnée de succès". C'est ainsi que Jean Bernard Solliec, directeur général de Coopagri Bretagne dépeint les péripéties de la filière œuf de la coopérative, depuis 25 ans. Les trois métiers ont été explorés par la coopérative : le conditionnement et la vente en GMS, la restauration hors foyer et la fabrication de produits pour l'industrie.
L'outil de conditionnement mis en place à Guingamp a été apporté à Mas d'Auge puis a fermé en 1993. Le site Ovipac a été créé pour approvisionner la restauration hors foyer en œufs durs, omelettes et blancs en 1984 ainsi qu'OviFrance pour les produits secs. "La fabrication d'ovoproduits n'a pas tourné à plein et n'a guère été rentable. Nous n'avions pas la taille ni les compétences pour être un opérateur majeur sur ce marché", explique le directeur général. "Nous avons recherché un partenariat avec le Groupe Glon en 2005 par la création d'Ovoteam et la mise en commun des outils de production. Les résultats économiques ayant été peu probants durant 3 ans, nous sommes sortis de cette activité en cédant notre participation à Glon en 2008".
Si la réussite n'a pas été au rendez-vous, Jean Bernard Solliec en tire un message : "On ne bâtit pas un projet de développement sur la construction d'un outil industriel mais à partir d'un fonds de commerce. Quand on a créé un outil, on cherche à le faire tourner, parfois en cassant le marché. Ce n'est pas la solution. Dans l'agro-alimentaire, c'est le débouché qui compte et créer un fonds de commerce n'est pas évident". 
Le réveil pourrait venir de Nutréa NNA. Cette firme créée en 2005, a une organisation centralisée des œufs depuis 2008 pour 3,4 millions de pondeuses. "Nous sommes devenus majoritaires dans Nutréa en maintenant les 4 métiers (aliment, œuf, volaille de chair et collecte des céréales). Notre volonté est de conserver l'activité et de rechercher les synergies entre Nutréa et Coopagri". Quelle sera la production d'œufs en 2012 ? "Les contraintes environnementales et la réglementation sont telles que l'on risque d'avoir une raréfaction de l'offre. L'objectif est de conserver les droits à produire en Bretagne et de faire tourner les outils pour éviter les importations".



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Date de l'article : semaine du N° du 9 au 15 Avril 2010
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