
Basés en région betteravière et céréalière, les 50 élevages engraisseurs spécialisés de jeunes bovins (type allaitant), de la coopérative Capéval, produisent plus de 10 000 animaux dans l'année. Le système d'élevage est rôdé et laisse peu de place à l'improvisation. Il a été présenté lors de l'AG de la section bovins de la Cecab, mercredi 31 mars à Kervignac (56). Les performances en témoignent : 1600 grammes de GMQ, en moyenne, sur 230 jours d'engraissement pour 419 kilos de carcasse à l'abattage. « Le quart supérieur des élevages dépasse 1700 grammes de GMQ. Par rapport aux moyennes, ils dégagent 40 à 50 euros de marge en plus par animal. Sur l'année, la différence de résultat est importante », précise Olivier Devloo, directeur de la coopérative. Pour lui, la gestion rationnelle du système, de l'achat des jeunes broutards à l'abattage, est la clé de la réussite des éleveurs.
Prise de température systématique
Les jeunes bovins, essentiellement de race Charolaise, sont achetés dans la région pour éviter les frais de transport. Dans la majorité des élevages, les animaux sont placés en quarantaine pendant 8 semaines pour acquérir une immunité contre les germes présents dans l'élevage. Les risques d'infection sont moindres, la surveillance y est renforcée. La quarantaine permet, en outre, de réaliser une transition alimentaire. Ils seront nourris, pendant toute la durée d'engraissement à la pulpe de betterave surpressée. « Pendant cette période de 8 semaines, l'aliment est supplémenté avec un anticoccidien. Les premiers jours, la prise de température est systématique. Un traitement antibiotique est administré aux animaux à plus de 39°C. Si plus de 10% des jeunes bovins sont au-delà de 39° C, le traitement est administré à l'ensemble du lot pour enrayer la propagation de la maladie ».
Passerelles pour pailler
A l'engrais , la surface par animal est de 4 m2. « Nous préconisons des bâtiments paillés, en partie raclés, avec paillage à la main à partir d'une passerelle au dessus des cases. C'est un lieu idéal d'observation ». Ce système est préférable, selon Olivier Devloo, à la pailleuse. Le prix de la place de bâtiment est de 750 euros (partie béton faite par l'éleveur); 1050 euros avec l'équipement (passerelle, silo, mélangeuse, contention).
Les animaux sont, dans la majorité des élevages, nourris un fois par jour à la mélangeuse. 25 à 28 kilos de pulpes de betteraves (bruts) sont distribués par jour, avec un complémentaire azoté. « Nous avons la chance de disposer d'une matière première abondante dans la région et relativement bon marché ». Le coût alimentaire actuel est de 1,18 euro par jour, par animal. « L'encadrement technique, notamment des jeunes éleveurs, est une condition de réussite. Chaque élevage est visité une fois par mois par un technicien ».
Péréquation
Les bovins partent à l'abattoir dès que le poids optimal est atteint. « Tout le lot part en même temps, pour libérer la case et accueillir de nouveaux animaux ». Le taux de rotation est de 1,3, en moyenne, chez l'ensemble des adhérents. Pour éviter la spéculation, le système de paiement prévoit une caisse de péréquation. Le prix, payé au producteur, est ainsi lissé dans le temps.
Pour le directeur, la professionnalisation des éleveurs a permis le maintien de l'activité. « La marge par animal est faible. Seul le volume permet de dégager du revenu ». Dans une région où les cultures de vente prédominent, peu d'éleveurs sont intéressés par l'élevage. « Nous avons eu beaucoup de demandes de renseignements en 2006, quand les cours du blé se sont effondrés. L'année suivante, les contacts se sont rompus avec la remontée des cours ». La pyramide des âges des éleveurs inquiète. « Nous réfléchissons, avec notre principal partenaire (Bigard), au moyen de sécuriser les nouveaux investisseurs ». La volatilité des prix de vente et des coûts de l'aliment limitent le développement de l'élevage et le renouvellement des générations de producteurs.
Bernard Laurent
Photo : Les 50 adhérents de Capéval, dans la Marne, engraissent plus de 10 000 jeunes bovins par an.