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PRODUCTION LAITIÈRE / Gaec Ar Maneriou, Plouvorn (29) - L’efficacité alimentaire mesurée dans l’auge
 

Une auge qui déborde n’est pas forcément synonyme d’optimum technico-économique. Ce qui compte c’est la valorisation maximale des différents ingrédients de la ration par la vache. Pour Nicolas Cadiou qui a adopté le procédé Keenan depuis 2004, l’efficacité alimentaire est au cœur du rationnement de son troupeau de 120 laitières (9 500kg/VL). « Rien ne sert de monter à 25 kg de maïs s’il est mal valorisé par l’animal. Cela ne fait qu’augmenter le coût alimentaire ».


Incorporer de la fibre efficace


Depuis novembre dernier, le Gaec Ar Maneriou a adopté le “Pace”, un boîtier intelligent qui enregistre toutes les pesées, ingrédient par ingrédient, effectuées par la remorque mélangeuse. Les données de ce boîtier, équivalent d’une clé USB qui fait la navette entre la mélangeuse et l’ordinateur, sont ensuite utilisées par le logiciel technico-économique Keenan Méca-fibre.
« En face de chaque pesée, il y a un prix par aliment ; il y a aussi une production de lait et un prix du lait », explique l’éleveur qui peut obtenir quotidiennement son coût alimentaire aux 1 000 litres. « Ce coût alimentaire est intimement lié à l’efficacité alimentaire, c’est-à-dire la quantité de lait produite par la quantité de MS ingérée ».
Pour obtenir la meilleure efficacité alimentaire, il ne suffit pas d’aligner des UF et des PDI, résume Nicolas Kermorvan, le nutritionniste qui suit l’élevage. « Il ne faut pas oublier que la vache est un ruminant. L’effet mécanique de la fibre est déterminant pour la valorisation de la ration ».
La « méthode » Keenan consiste à intégrer de « la fibre efficace » dans la ration. Pas trop, au risque de diluer la ration et donc de faire chuter la production. Pas trop peu au risque de ne pas avoir l’effet mécanique escompté. « Entre 1 et 2 kg selon le fourrage utilisé », calibre le nutritionniste.
Pour sa part, le Gaec Ar Maneriou a opté pour 2 kg de luzerne pour jouer le rôle de fibres efficaces. « Il s’agit de luzerne de Crau très feuillue », montre l’éleveur qui apprécie le compromis mécanique (tiges très dures) et alimentaire (15 à 20 % de protéines) de ce fourrage. Il ajoute : « Pour tirer le meilleur parti mécanique et nutritionnel de cette luzerne, je la coupe en brins de 5 à 7 cm de long ».


Variation importante de l’efficacité alimentaire


Cette précision de coupe, il la doit au boîtier intelligent qui, en lien avec les calculs du logiciel, conduit l’éleveur à augmenter ou diminuer le temps de coupe en fonction de la réaction des vaches. « Pour ce faire, je fais varier le nombre de tours de pâles qui s’affiche sur le boîtier numérique de la mélangeuse ».
C’est d’ailleurs là, la finesse d’approche permise par le boîtier “Pace” qui, au travers de la compilation de toutes les données collectées, peut conduire l’éleveur à couper plus ou moins la ration pour aider la vache à mieux la valoriser. Ce qui en pratique peut se traduire par une distribution moins importante de fourrage sans subir de baisse de production puisque la ration est mieux utilisée. C’est ce que l’on appelle l’efficacité alimentaire qui peut varier de 1,2 à plus de 1,5 pour une même ration. « Tout cela est à mettre au crédit de la qualité physique du mélange », résume N. Kermorvan qui reçoit régulièrement les données de l’élevage et peut donc apporter un conseil personnalisé à l’éleveur.
Cette variation d’efficacité alimentaire a inévitablement des répercussions sur le coût de production. « Sans changer les proportions de fourrages et de concentrés, mais simplement en ajustant l’effet mécanique de la ration le coût alimentaire peut varier de 15 €/1 000 litres », démontre chiffres à l’appui Nicolas Kermorvan. Pour l’heure, le coût alimentaire oscille entre 80 et 85 €/1 000 litres au Gaec Ar Maneriou. « Si on peut se tenir dans cette fourchette, c’est pas mal », accorde Nicolas Cadiou.

Didier Le Du


Photo : Nicolas Cadiou vient de connecter la clé USB. Avec Nicolas Kermorvan, nutritionniste, il vérifie les données et ajuste le cas échéant. Le chargement de la distributrice va pouvoir commencer




Rationnement du troupeau
Vaches en production (hiver) – ration équilibrée à 16,5 % MAT, 22,5 % d’amidon et  7 % de sucres (32-33 litres)
- Total ingéré : 22-23 kg MS
- 48 kg maïs ensilage (35 % MS)
- 2 kg de luzerne
- 1,5 kg de correcteur (80 % soja + 20 % colza)
- 70 g d’urée
- 250 g de minéraux
- 250 g de bicarbonate
- Concentré de production distribué au robot de traite
- Propylène glycol (200 g systématiques 15 jours après vêlage ; ensuite,100 g pour les VL à plus de 45 kg)





Régime particulier pour les taries
« L’alimentation spécifique des taries participe à faire du préventif », dit l’éleveur qui insiste sur ce poste. « Elle permet de réduire les problèmes métabolique comme les caillettes et les pertes de poids excessives en début de lactation ».
Deux régimes alimentaires sont appliqués :
• 1e période
- 5-6 kg de maïs.
- 1,5 kg de correcteur
- 4-5 kg de paille
- 100 g de minéral
• Fin tarissement (3 semaines avant vêlage)
- 80 % ration taries + 20 % ration laitières en production (objectif : concentrer la ration pour éviter perte de poids dû à la chute d’ingestion estimée à 15-20 %).
- Distribution aliment du commerce « préparation au vêlage ».



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Date de l'article : semaine du N° du 9 au 15 Avril 2010
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