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Sommaire | " POLITIQUE AGRICOLE " | Article n°10573 |
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CONGRÈS FNSEA / La base militante réclame une « ligne directrice » - Le syndicat resserre les rangs sur fond de crise agricole
 

Etre syndicaliste c’est savoir traverser les crises et prendre les coups. J’en sais quelque chose ! », a expliqué Jean-Michel Lemétayer, le président de la FNSEA dans son propos d’ouverture du 64e congrès de l’organisation, le 31 mars, à Auxerre. Le lendemain, le 1er avril, dans son discours de clôture, le leader syndical a décidé de rendre les coups. La cible du syndicaliste a été Bruno Le Maire, le ministre de l’Agriculture. Dans un discours fleuve de plus d’une heure, très offensif, voire menaçant, rien n’aura été épargné au ministre. Le « véritable SOS » au gouvernement lancé par le président de la FNSEA a été ponctué d’attaques rudes. À tel point que le ministre a eu le « sentiment » d’être « inutile et nuisible pour l’agriculture » tout en se disant « pas rancunier » au point de saluer le rôle et l’action de la FNSEA. « Si on vous considérait comme nuisible, vous savez comme on pratique dans nos fermes », a répondu Jean-Michel Lemétayer avec le souci de détendre l’atmosphère à la fin du congrès.


« Des propos de diplomate ! »


Jean-Michel Lemétayer s’en est pris au ministre, beaucoup plus directement, sur ce qui était jusqu’ici unanimement salué comme son point fort à savoir son habileté diplomatique au niveau européen. « Monsieur le ministre, j’entends déjà vos propos : “Nous allons travailler avec nos 26 partenaires et dégager des lignes communes autour de ce qui nous rassemble.” Des propos de diplomate, des propos de responsable politique ! », a-t-il lancé. Exhortant le ministre à « prendre ses responsabilités », le leader de la FNSEA lui demande : « Pourquoi vous vous êtes félicité d’avoir renversé la perspective de l’Europe agricole. Quel est le vrai socle de l’appel de Paris ? ». « Aux belles paroles, nous attendons des actes », a répété à plusieurs reprises le responsable syndical. Pire, il met au défi le ministre de défendre la Pac à tout prix comme Nicolas Sarkozy l’a promis, quitte à « aller à une crise en Europe ». « Sachez que nous serons mobilisés derrière lui, derrière vous (…) pour vous empêcher de reculer ! ». Question confiance, on a déjà vu mieux ! Le ministre n’a même pas échappé aux enseignements de monsieur de la Fontaine car « Rien ne sert de courir », a rappelé le leader de la FNSEA, dénonçant la « précipitation du ministre sur la politique sanitaire ».


Accord sur le lait : « Une victoire syndicale »


Autre passe d’arme : l’accord obtenu sur le prix du lait du deuxième trimestre, mardi 30 mars, sous l’égide du ministre. Pour l’ancien président de la FNPL, les trois familles de l’interprofession auraient dû se mettre d’accord entre elles, sans l’aide du ministre, la veille au soir de cette réunion. Cet accord politique obtenu par Bruno Le Maire ne « passe » pas pour l’initiateur des accords sur le prix du lait. Pourtant il a permis au congrès de la FNSEA de se dérouler sans être parasité par cette question laitière qui a déjà secoué la « grande maison » l’année passée. Peu importe, pour Jean-Michel Lemétayer, « le retour à la raison » est le résultat d’une victoire syndicale, a-t-il dit au ministre tout en concédant qu’« on aurait dû se passer de cet épisode navrant ». Donc, il enjoint le ministre « à ne pas trop en tirer les marrons du feu ». Mieux, il rappelle que la FNSEA a « de l’ambition pour l’organisation des filières et pour des interprofessions majeures, efficaces, capables de conclure des accords sans les pouvoirs publics ». Pourtant l’interprofession laitière était dans l’impasse avant l’intervention habile et très politique du ministre.


Photo : Une réflexion sur les évolutions du management, de la gouvernance et de la communication a donné lieu à une table ronde.




La culture de l’adhérent


“La FNSEA ne soit pas se limiter à une instance de lobbying“

Dans la salle, les interventions se sont focalisées sur la nécessité de « labourer le terrain » en « retournant voir nos adhérents », surtout dans les départements où l’Apli « nous a bousculés », a expliqué Thierry Moreau, d’Ille-et-Vilaine. Sans fédérations fortes de leurs adhérents, il n’y a plus de FNSEA, a-t-on entendu. Certains départements en situation financière difficile ont appelé la FNSEA qui affiche un résultat de 800 000 euros (300 000 euros auxquels s’ajoutent 500 000 euros de provisions pour l’amende de Bruxelles) à les aider. « Mettez des moyens humains pour nous accompagner », ont-ils demandé. Raymond Vial, du département de la Loire, réclame un, vrai bilan de l’état des fédérations et la création d’une cellule de veille sur le monde socio-économique au sein de la FNSEA. Le « syndicalisme cela se cultive. Le syndicalisme ne se fait pas avec un portable », a-t-il ajouté.
« Nous vivons une crise identitaire à la FNSEA, (…) il faut retrouver une identité », souligne Christophe Buisset de Picardie. Il faut « une ligne directrice, un message fédérateur ». Il est « obligatoire de donner du sens au combat ». Pour Jean-Michel Lemétayer, il est difficile de résumer les combats de la « grande maison FNSEA » en un « slogan ». Peut-être « une agriculture qui gagne sa vie », tente le président de la FNSEA dans la droite ligne du slogan « Notre métier a un prix » qui date de 2002. « Vous cinq, en tribune, (ndlr : Jean-Michel Lemétayer, Xavier Beulin, Christiane Lambert, Jean- Bernard Bayard, Dominique Barrau), vous êtes une dream team économique et technique mais il manque l’envie » a interpellé Bernard Joly de Saône-et-Loire, qui rappelle que « la solidarité, c’est notre valeur ». Attention aussi à ne pas s’habituer à demander 30 quand on peut avoir 50 voire plus, rétorque un adhérent qui cite la victoire syndicale de la TVA à 5,5 % dans la restauration.
Une mesure longtemps considérée comme utopique mais défendue inlassablement par le syndicat de la restauration qui a fini par obtenir gain de cause. L’idée d’une grande manifestation a été évoquée. Certains syndicalistes ont des fourmis dans les jambes. Rien de tel qu’une « belle » manifestation pour montrer la « force » et la « détermination » du réseau FNSEA. « Du concret pour les producteurs, ou les tracteurs à Paris ! », lançait Jean-Michel Lemétayer reprenant la position de « nombreuses FRSEA ». Et si les vieilles méthodes étaient les meilleures ?



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Date de l'article : semaine du N° du 9 au 15 Avril 2010
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