
Eric Le Roy le dit sans détour. Sans la subvention de 40 %, le Gaec n’aurait sans doute pas investi dans un prérefroidisseur à lait. Du moins, pas maintenant avec le prix actuel du lait. « Le retour sur investissement aurait été trop long ».
Grâce à l’opération régionale, initiée par le GIE lait-viande, le Conseil régional et l’Ademe, cette exploitation n’a déboursé « que » 1 980 euros pour l’appareil. De quoi amortir l’installation sur une période de 6 ans, sachant que ce prérefroidisseur tubulaire a été facturé 3 300 euros aux éleveurs (compter entre 3500 à 7 000 euros selon le système et le dimensionnement).
35 % de consommation électrique en moins
Sur cet élevage de 52 vaches laitières, la consommation électrique totale dépasse les 41 000 kWh, soit 79 kWh/1 000 litres de lait produit. « Par rapport à une exploitation moyenne similaire, il y a possibilité d’économiser 740 euros d’électricité pour l’atelier lait », a chiffré Jean-Yves Carré, coordonnateur énergie à la Chambre d'agriculture du Finistère.
Aujourd’hui, en s’équipant d’un prérefroidisseur, le Gaec Le Roy s’attaque au poste le plus énergivore d’un atelier laitier : le tank à lait qui consomme de 35 à 50 % de l’énergie électrique. « Ici le groupe de refroidissement est installé à l’extérieur ce qui permet déjà un bon brasage d’air ».
Sur cet élevage, les relevés de consommation réalisés avant installation du prérefroidisseur ont donné une consommation de 13 kWh/ 1 000 litres (22 kWh /1 000 litres en moyenne, selon les données de l’Institut de l’élevage). « Depuis l’installation du prérefroidisseur, la consommation est tombée à 8,5 kWh/
1 000 litres ». Soit une baisse de 35 % sur cette période hivernale marquée par une période particulièrement froide. L’économie pourrait atteindre les 40-50 % en été, estiment les installateurs. Les simulations tablent sur une économie de 5 900 kWh/an, soit environ 550 euros de moins sur la facture d’EDF.
Besoin de 1,5 à 2 litres d’eau par litre de lait
Classiquement un lait qui sort de la mamelle à 37 °C perd 2-3°C dans les lactoducs avant d’arriver au tank. Avec un prérefroidisseur, la température du lait à l’entrée du tank est de 13 à 18 °C selon la capacité du refroidisseur. « D’où la nécessité de bien prévoir le dimension- nement de ce dernier », conseille Jean-Luc Kegosien, du Crocit, qui souligne également l’effet bénéfique du prérefroidissement sur la lipolyse. « En diminuant le choc thermique, on contribue à la limiter ».
Sur cette exploitation d’Ergué-Gabéric, le prérefroidissement du lait nécessite 1,5 à 2 litres d’eau par litre de lait, soit 1 000 à 1 400 litres pour une traite à ce moment de l’année. « Nous avons installé deux bacs dans la stabulation. Les vaches boivent facilement ce volume ». Avec cet argument souvent avancé qu’une eau tiédie (15-18 °C) est mieux consommée. « Ici, nous utilisons l’eau d’un puits qui est à température constante de 11,5 °C par rapport à l’eau du réseau qui est actuellement autour de 5-6 °C. Il nous faut donc davantage d’eau pour refroidir le lait. Mais en été ce sera l’inverse », note Eric Le Roy.
Didier Le Du
Photo : L’augmentation de la température de l’eau de boisson est favorable à la consommation.