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Morbihan (56)
Santé des troupeaux bovins / Un nouveau test pour garantir l'absence de BVD sur les veaux
 

La relation entre les structures de recherche fondamentale et les éleveurs n'est pas toujours évidente. Le chaînon manquant, la recherche appliquée, est, de l'aveu même de Henri Seegers, (Inra - école vétérinaire de Nantes), trop éparpillée et peu efficace. La création de l'UMT est censée combler ce vide. « Nous voulons un retour rapide et concert des travaux de recherche dans les élevages », assure le directeur de la nouvelle structure. Les premiers résultats ne devraient pas se faire attendre, si l'on en croit le spécialiste.


Prélèvement de cartilage


Afin d'offrir la garantie « indemne de BVD » à un plus grand nombre d'animaux, de nouveaux critères sont actuellement en cours de validation, notamment ceux permettant de garantir les veaux, au cours des premiers mois de vie. « L'objectif est de pouvoir garantir, rapidement et à bon marché, que les veaux sont non-IPI (infectés permanents immunotolérants). Un test auriculaire sera fait sur le veau. L'éleveur prélèvera un bout de cartilage de l'oreille lors de la pose de la boucle de l'animal. Le procédé , facile à mettre en œuvre, est peu exigeant en temps de travail ». Et d'une grande importance pour les vendeurs de femelles reproductrices ou de broutards. Parallèlement, les tests individuels ou, sur mélanges de lait, se poursuivront. L'historique des données épidémiologiques permettront de connaître le statut des élevages et de limiter les risques lors des mouvements d'animaux. « La phase opérationnelle aura lieu à l'automne 2010 », assure Henri Seegers.


Paratuberculose détectée plus tôt


Seulement 1% des troupeaux ont un statut déterminé pour la paratuberculose. « L'UMT teste actuellement des méthodes à moindre coût pour mettre au point des outils permettant de connaître ce statut sanitaire et de certifier les élevages ». L'objectif étant toujours de préserver les troupeaux sains  en évitant l'introduction d'animaux positifs. 54 nouveaux cas ont été détectés en 2009, sur le Morbihan. « Nous travaillons sur l'optimisation de l'utilisation des données concernant les analyses sur le lait de tank ». La classification reviendrait à 70 euros par troupeau au lieu de 400 euros actuellement. Cette nouvelle technique permettrait de détecter les animaux excréteurs plus rapidement qu'avec les techniques classiquement utilisées. « Une réforme rapide, dès le premier vêlage, diminuerait la pression d'infection et les risques de contamination des jeunes animaux ». Résultats attendus dès la fin 2010.
L'UMT travaille également sur de nouveaux plans d'intervention lors d'infections par l'agent de la fièvre Q : « mieux et moins de médicaments ».  L'objectif est le même pour la maladie de Mortellaro (boiteries), les mammites ou le parasitisme. Le GDS 56 se sent très impliqué, puisqu'il met, à disposition de l'UMT, son vétérinaire Alain Joly, remplacé en Morbihan, par Philippe Minet.


Bernard Laurent




Photo : La pose de la boucle pourrait être le moment idéal pour prélever du cartilage à analyser (détection de la BVD)

 







Paroles d'éleveurs ou de techniciens

• Pour la campagne à venir, la poursuite ou non de la politique de vaccination FCO dépend du ministère. Nous avons une meilleure connaissance de la maladie, des différents vecteurs. Ces données permettront peut-être de faire évoluer cette politique, après le mois de juin (Stéphane Buron, DDPE).
• La vaccination FCO aurait, de toute manière, été une exigence des acheteurs d'animaux. Si l'Etat ne l'avait pas rendue obligatoire, il n' y aurait pas eu de prise en charge du coût. Les éleveurs auraient été contraints de payer (André Briend, président du GDS 56)
• L'Afssa n'a pas encore validé la protection des troupeaux par immunité naturelle. L'UMT travaille sur des méthodes alternatives de lutte contre le virus pour éviter la vaccination de masse (Ivanne Leperlier, vétérinaire GDS).
• Le nouveau service autopsie est très sollicité: 5 demandes par semaine pour les gros bovins. Le GDS dispose d'une remorque et organise le prélèvement du cadavre et son acheminement au laboratoire de Vannes (Thierry Le Falher, technicien GDS).
• Le service d'équarrissage a deux jours francs pour prélever les cadavres d'animaux après l'appel téléphonique (3 jours réels). En cas de week-end prolongé, la durée peut atteindre 5 jours. Seuls les éleveurs de Belle Ile peuvent, dans certains cas, obtenir des dérogations pour enterrer les cadavres (Stéphane Buron, DDPE).



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Date de l'article : semaine du N° du 2 au 8 Avril 2010
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