
Nous tenons le cap que nous nous étions fixé et nous pouvons en être fiers", s'exprimait Joseph Lebrun, président de la Coopédom lors de son assemblée générale le 25 mars. Un satisfecit dû à la sérieuse baisse de dépendance énergétique de la Coopérative : en 2006 et 2007, sa consommation de charbon avoisinait les 14 000 tonnes par an. Avec la mise en place du préfanage, la plantation de 150 ha de miscanthus (aujourd'hui 400 ha au total) et la mise en service du foyer biomasse en septembre 2009, cette consommation a chuté à 4000 t, permettant une économie d'émission de carbone de près de 60 %. Un accord signé récemment sur la réduction des émissions de CO2 d'origine fossile suite à un appel à projet de la caisse des dépôts et consignation a permis à la Coopérative de recevoir une somme correspondant aux amortissements du foyer biomasse sur 3 ans. Par ailleurs, de nouvelles perspectives s'ouvrent en matière de vente de CO2.
Contexte pris en compte
Autant de nouvelles qui permettent aux dirigeants d'envisager l'avenir de façon bien plus sereine. "L'ensemble de ces actions nous permet de sécuriser nos coûts", indiquait Joseph Lebrun. Soucieuse du contexte laitier difficile, la coopérative aurait souhaité proposer une baisse de coût de la prestation à ses adhérents, ce qui n'a pas été possible compte tenu de la légère baisse de tonnage total (36 518 t contre 38 110 l'année dernière). La conjoncture a cependant été prise en compte, d'une autre manière, avec une ristourne de 9 euros / t de fourrage vert aidé et l'attribution de 2,5 euros en parts sociales d'épargne, de quoi favoriser les adhérents actifs. La Coopérative comptait, fin 2009, 673 adhérents dans un rayon de 30 km autour de Domagné.
Bonnes perspectives
Le secteur d'activité de la Coopédom n'est, par ailleurs, pas épargné par les nouveautés réglementaires : en 2012, elle ne recevra plus l'aide de 33 euros / t de fourrage protéique, qui sera intégrée aux DPU des adhérents sur la base d'un historique (année pas fixée). "Les ministres de l'Agriculture nous ont promis que les déshydrateurs intègreraient le plan protéine en 2012, à savoir la même aide que les protéagineux à condition que la luzerne soit deshydratée", ajoutait Joseph Lebrun. Enfin, une MAE spécifique luzerne pourrait voir le jour en 2014. "Les perspectives offertes devraient permettre de conserver un intérêt économique comparable aux autres cultures", soulignait enfin le président de la Coopédom, qui s'avère décidément très active : un agrandissement du site devrait se concrétiser bientôt, ainsi que la mise en place de 1000 m2 de panneaux solaires.
Anne-Laure Lussou
Photo : Joseph Lebrun, président de la Coopédom
Une année satisfaisante
- 36 518 t de fourrages déshydratés : + 16 % en tonnage en luzerne, + 18 % en trèfle violet, - 19 % en maïs plante entière, - 8 % en maïs épi, - 30 % en fétuque, - 15 % en graminées, - 11 % en mélange graminées – légumineuses, + 3 % en RGI dérobée
- Rdt moyen des légumineuses : 10,6 t/ha pour la luzerne,
9,8 t/ha pour le trèfle violet
- MAT : 18,1 pour la luzerne, 17,8 pour le trèfle violet