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Céréales / Grâce aux marqueurs - Le progrès génétique va s'accélérer
 

Dans le contexte de prix bas des céréales et de baisse des primes PAC (par la modulation), les agriculteurs sont à la recherche de pistes pour améliorer les marges de leurs cultures de vente. Certes, les producteurs ont peu de latitude sur l'évolution des prix. Par contre, dans les itinéraires techniques, il reste encore des possibilités d'optimisation.


Impact des conditions climatiques


Le rendement est le premier critère de la marge. Ces dernières années, différents essais ont pu montrer qu'il évolue moins rapidement. "Pourtant, dans le domaine des céréales, la génétique est en plein boom", assure Gilles Fouquin, directeur de recherche à Secobra. "Le ralentissement de la hausse des rendements serait lié à l'impact des conditions climatiques, notamment des conditions échaudantes". Car, les fortes températures ont plus de conséquences sur le PMG (poids de mille grains) que le manque d'eau. En quelques années, le nombre de jours dont les températures dépassent 25 °C a plus que doublé, ce qui a provoqué la perte de quelques quintaux.
Le progrès génétique est très varié, en céréales. Il concerne le rendement/ha mais aussi le poids spécifique, la résistance aux maladies et à la verse. "Ce progrès va s'accélérer", estime Gilles Fouquin. Il faut en moyenne 8 ans pour fixer une lignée, entre le début du croisement et le dépôt d'une variété de céréales au CTPS (Comité technique permanent de la sélection). Pour 500 croisements au départ, 3 à 5 variétés sont déposées.


Progrès rapides en orge


Ce temps nécessaire a pu être réduit de moitié, pour l'orge de printemps. "C'est l'espèce qui a le plus progressé, car on peut la cultiver partout à travers le monde". Ainsi, les sélectionneurs peuvent semer une orge de printemps, en février, en France, la récolter en juillet, puis la re-semer en septembre, en Nouvelle-Zélande. "Avec cet avantage de double récolte annuelle, le délai de 8 ans passe à 4 ans et demi. Cet atout a permis d'accumuler les progrès en quelques années".
Pour l'orge d'hiver, le délai de 8 ans peut se raccourcir à 6 ans et demi, grâce aux biotechnologies et au travail de laboratoire sur le doublement des chromosomes. Deux années peuvent être gagnées. Ce qui montre que le progrès génétique se fait aujourd'hui autant dans les laboratoires que dans les champs. Pour le blé, avec une seule récolte par an et l'absence de doublement de chromosomes, il est difficile de réduire ce délai de 8 ans. Quelques essais de sélectionneurs ont toutefois permis de tester la technique des 3 récoltes en 2 ans.


Résistance aux maladies


"Le blé est à la veille de grands progrès génétiques, dans la résistance aux maladies", déclare Gilles Fouquin. "Grâce au marquage génétique, on ne conserve que les lignées les plus résistantes. C'est un travail de patience". Beaucoup s'interrogent aujourd'hui sur les contournements de résistance.  Les champignons provoquant la septoriose s'adaptent, par exemple, à l'action de certaines molécules phytosanitaires qui deviennent moins efficaces. "Dans un horizon de 5 à 8 ans, les caractères de résistance de certaines variété permettront de limiter ces contournements". Par contre, le responsable de recherche estime que les produits phytos seront de plus en plus sensibles aux conditions d'utilisation (stade, hygrométrie, température…).


Cohérence de choix


Les variétés vont évoluer de plus en plus vite. "Il faudra être réactif et capable de faire les bons choix par rapport au contexte de l'exploitation et des parcelles". Beaucoup d'agriculteurs se contentent de regarder le top des variétés dans les résultats d'essais. Certes, il peut y avoir quelques quintaux d'écart entre variétés, dans les conditions de l'essai. Mais, si la variété n'est pas adaptée au contexte agronomique ou pédo-climatique, le producteur risque de perdre 10 à 15 quintaux/ha, soit bien plus que le gain espéré. 
Face à cette évolution rapide des variétés, il faudra de la cohérence, dans les choix, en tenant compte de l'agronomie (type de sol, précédent, apport ou non d'effluents d'élevage, étalement des semis…) et des composantes de rendement. C'est en arbitrant entre ces différents risques  que l'on peut espérer cibler les variétés les mieux adaptées. 

Patrick Bégos 


 


Photo : Grâce au marquage génétique, les variétés sont sélectionnées pour être de plus en plus résistantes aux maladies. 








La sélection par marqueurs

La recherche des marqueurs moléculaires permet une sélection plus rapide des variétés. La sélection par marqueurs est utilisée pour repérer les caractères agronomiquement intéressants, comme le rendement ou la résistance aux maladies. Elle permet d'accumuler, dans un même génôme, les gênes de résistance complémentaires pour une même maladie, afin d'obtenir une résistance multigénique qui sera stable et plus difficile à détériorer.  



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Date de l'article : semaine du N° du 2 au 8 Avril 2010
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