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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Volailles | Article n°10554 |
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Gaevol / Atouts et contraintes de la filière volaille - Un optimisme mesuré
 

Cette année, le Gaevol a placé les éleveurs au cœur de son assemblée générale. A partir de vidéos, ils ont témoigné de leurs pratiques et mis en avant leurs investissements pour améliorer les conditions de travail, faire des économies d'énergie ou obtenir un revenu complémentaire. Un moment d'optimisme face aux dossiers qui obscurcissent l'horizon.


Directive bien être


Dans moins de 3 mois, devrait s'appliquer la directive bien-être en poulets, avec ses trois seuils de densité de 33 kg/m2, 39 kg et 42 kg. La majorité des éleveurs se trouvent aujourd'hui au-delà de 39 kg. Pourront-ils rester à ce niveau ?  "La réponse n'est pas évidente car plusieurs points sont encore en discussion. C'est le cas pour la lumière, la formation, les taux de mortalité et les inspections en élevage", explique Christelle Le Maout, responsable qualité.
Pour aller au-delà de 39 kg/m2, le seuil de mortalité devra être inférieur à 1 % + (0,06 x nombre de jours d'âge à l'abattage). "Ainsi, pour un abattage à 35 jours, le taux de mortalité ne devra pas dépasser 3,1 % et 4 % pour un abattage à 50 jours. Ce seuil devra être respecté pendant 7 lots consécutifs". 75 % des lots ne seraient pas conformes à cette préconisation. Comment vont être pris en compte les 2 % de poussins gratuits et le tri effectué par les éleveurs durant les premiers jours ?


Augmentation des importations


D'autres interrogations existent comme les problèmes d'échantillonnage, les contrôles en élevage ou les inspections post mortem en abattoir. "Il reste encore beaucoup d'inconnues à 3 mois de l'échéance", déclare Stéphane Dahirel, président de Gaevol. "Cette directive bien-être risque de détériorer la compétitivité des élevages européens de poulets. C'est un handicap supplémentaire pour la filière, avec un risque d'augmentation des importations, pour compenser la baisse de la production".  
Au Gaevol, les volumes de poulets et dindes sont quasiment stables. "Notre chantier de 2010 vise à améliorer les performances et leur régularité, en travaillant notamment sur la qualité de l'aliment et sur l'approvisionnement en poussins", souligne Stéphane Athimon, animateur du groupement.


Le maintien de la production


Paul Lopez, directeur de Boscher Volailles et Keranna a dressé un panorama des marchés. La production de volailles continue à augmenter partout dans le monde, sauf en Europe. "Notre marché est très ouvert et on importe des produits chers et à valeur ajoutée comme les filets alors que l'on exporte des produits moins valorisés comme les VSM (viandes séparées mécaniquement)".
En France, c'est la première année où nous avons un déficit des échanges de viande de poulets. On importe de la viande du Brésil et de Thaïlande mais aussi des poulets frais de Belgique des Pays Bas ou d'Allemagne. "Si la Bretagne veut maintenir ses élevages, il faut que nos élus affichent clairement cette ambition", résume Paul Lopez. Les fonds disponibles doivent être concentrés prioritairement sur le maillon élevage pour aider la rénovation du parc et la construction de bâtiments neufs.


Du réellement frais


L'année 2010 s'avère plus prometteuse avec pour le moment une bonne adéquation en volume entre l'offre et la demande. Un élément de la réglementation européenne devrait aussi favoriser les achats des prochains mois. A partir du 1er mai 2010, le frais sera réellement du frais. La volaille sera en effet la seule viande qui ne pourra pas être vendue en frais après décongélation. Un bon moyen pour se protéger des importations des pays tiers. 
Nous avons besoin de retrouver de la compétitivité en Europe. Alain Glon l'illustre à sa façon en chiffrant à 5 % le différentiel de coût de production avec l'Allemagne (réglementations, fiscalité, social, logistique…).  L'exemple de la dinde est évocateur. En l'espace de 5 à 6 ans, la France a réduit de 1 million par semaine ses mises en place de dindonneaux alors que l'Allemagne a augmenté sa production du même volume. De traditionnel débouché de la France, ce pays devient progressivement un redoutable concurrent.  

Patrick Bégos


 


Photo : Stéphane Dahirel (à droite), président du Gaevol et Stéphane Athimon, animateur.

 






L'activité 2009 du Gaevol

- Poulets standards : 299 000/semaine (45 % en Bretagne)
- Poulets Princior : 649 000/semaine dont 100 % en Bretagne
- Dindes : 69 000/semaine dont 70 % en Bretagne
- Pintades : 4 500/semaine
- Canards : 25 000/semaine






L'Allemagne, une autre façon de produire


Suite à un voyage en Allemagne, Nicolas Quilleré a détaillé les conditions de production dans ce pays. Dans la région visitée, équivalente à la Bretagne, 150 nouveaux bâtiments neufs ont été construits et équipés d'un système alternatif de chauffage (bois, cogénération, huile..). "Nous avons vu des exploitations qui s'agrandissent avec par exemple des élevages de 8 000 m2 pour 2 UTH et externalisation des tâches, durant le vide sanitaire". Beaucoup d'exploitations sont équipées de panneaux photovoltaïques bénéficiant d'aides. D'autres vendent leurs effluents d'élevage pour la méthanisation. Tous ces éléments apportent du revenu supplémentaire. Il faut y rajouter les avantages concurrentiels au niveau de la TVA et des charges de personnel, les salariés étrangers étant rémunérés aux conditions de leur pays d'origine. 
Les dindes (lourdes) sont souvent démarrées dans un bâtiment spécifique puis desserrées dans d'autres poulaillers à partir de 5 semaines. "Nous avons observé un rationnement de l'eau et de l'aliment, dont le niveau était bas dans les assiettes". En fin de lot, la température est basse dans les poulaillers (14 à 16 °C). Les poulets (2 kg à 36 jours) sont dans des bâtiments à sol béton, avec faible épaisseur de litière de copeaux. Beaucoup d'élevages ont des systèmes de pesée de l'aliment et des poulets. Le renouvellement de l'air est lié à la quantité d'aliment ingéré.



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Date de l'article : semaine du N° du 2 au 8 Avril 2010
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