
L'activité vente d'agneaux est globalement en régression au groupement Ovi Ouest. "La diminution du nombre de brebis (21 221 soit –6 %) et la vente d'agneaux en circuit court par certains adhérents expliquent cette baisse", déclare Jean-Yves Connault, directeur d'Ovi Ouest. La structure a perdu 16 éleveurs en 2009. "Pourtant, dans le cadre de la reconquête ovine, nous installons 2 à 3 jeunes éleveurs par an".
Contre-saison et certification
La part des agneaux désaisonnalisés diminue, ce qui pénalise l'approvisionnement des filières qualité, notamment en label rouge, avec un creux de production en hiver. "Pour remédier à ce problème, nous devons trouver davantage de complémentarité entre les élevages (bergerie et herbe)", souligne Guy Personne, vice-président. Il n'est pas souhaitable que tout le monde soit en agnelage accéléré. Il faut au contraire conserver la cohérence du système de production en fonction des contraintes et des atouts de l'exploitation.
La part des agneaux commercialisés sous signe officiel de qualité représente 48 % des ventes contre 50 % en 2008. Celle des agneaux standards remonte à 40% alors que les autres démarches (Belle-Ile, Pré salé…) ne représente que 12 % des ventes contre 14 % en 2008. Premier débouché de la coopérative, le nombre d'agneaux commercialisés sous certification SVA baisse de 8 %.
Pourtant, la vente sous signe de qualité apporte une plus-value à l'éleveur : en moyenne 0,54 ct/kg d'agneau sur l'année soit + 10 % sur le prix du kg de carcasse. "Le quart inférieur des élevages engagés dans la démarche ne présente que 60 % de ses agneaux à la certification contre 98 % pour le quart supérieur", explique Alain Gouédard. "Et le ratio agneaux certifiés/présentés varie également de 61 % à 93 % entre les extrêmes". Si bien que dans les élevages du quart inférieur, moins d'1 agneau sur 2 (45 %) bénéficie de la certification contre 84 % pour le quart supérieur. "L'amélioration de ce taux passe par la conduite alimentaire des agneaux (poids excessif des carcasses, qualité des gras, état d'engraissement…)".
Travail technique
L'écart se creuse entre les élevages. La rentabilité actuelle de l'élevage ovin repose sur le tryptique technicité, prix et primes. "Notre stratégie d'éleveur doit prendre en compte une éventuelle suppression des primes, après 2013", déclare Guy Personne. La qualité est un atout pour défendre l'évolution du prix de vente, à condition d'assurer un approvisionnement régulier d'agneaux certifiés, à l'abattoir. Or ce nombre diminue. "Nous avons un travail à faire au niveau technique pour gagner en productivité et en taux de certification. Ce serait dommage de baisser les bras, par-ce qu'aujourd'hui, les primes assurent une partie du revenu".
L'image du métier
Plusieurs chantiers sont engagés, notamment la préparation des élevages à l'après PAC 2013 et la réflexion sur les conditions de travail. "L'objectif est de montrer aux jeunes une meilleure image du métier d'éleveur ovin. Nous avons commencé à le faire au travers des Ovinpiades", souligne Franck Mérel, président d'Ovi Ouest. "Nous regrettons que le projet de fusion des deux groupements bretons n'ait pas pu se concrétiser, en 2009. Cela aura permis d'arriver au seuil de 40 000 brebis et d'avoir une identité bretonne".
De son côté, la filière ovine a engagé des actions pour donner aux jeunes consommateurs l'envie de manger de la viande d'agneau. C'est l'objectif d'Agneau Presto, une démarche européenne (France, Irlande, Grande-Bretagne) qui vise, au travers d'une nouvelle découpe de la carcasse, à proposer au consommateur des portions rapides à cuisiner et succulentes, pour un prix correct.
Patrick Bégos
Photo : Guy Personne, vice-président d'Ovi Ouest et Jean Yves Connault, directeur
Moins de chevreaux
L'année 2009 n'a pas été favorable à la vente des chevreaux, qui constitue la seconde activité d'Ovi Ouest. La mise en place de lactations plus longues, l'apparition de la FCO et un marché du chevreau très déprimé n'ont pas incité les éleveurs à accorder beaucoup d'attention à la qualité de leurs chevreaux, d'où la baisse d'activité. Les cours ont en effet chuté de 25 % pour les cabris de 3-4 jours et de 10 % pour les chevreaux viande. Deux chantiers sont en cours : la promotion de la viande de chevreaux dans 2 grandes surfaces rennaises, en partenariat avec l'abatteur et en présence d'éleveurs, et la valorisation de la viande de chèvre car le consommateur ne connaît pas cette viande.