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Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 29 | Article n°10539 |
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Finistère (29)
Campagne laitière 2010-2011 / La FDSEA presse de repartir sur de nouvelles bases
 

Dossier Entremont-Alliance qui traîne en longueur ; début d’une nouvelle campagne laitière dans quelques jours ; négociations ardues autour de la fixation du prix du lait. Autant d’événements concomitants qui conduisent la FDSEA du Finistère à monter au créneau sur le dossier laitier.


Entremont-Alliance « pollue le débat »


Pour Thierry Merret, président de la Fédération, « l’urgence », c’est le dossier Entremont-Alliance. « Il pollue le débat. Il tire l’ensemble de la filière laitière vers le bas », résume-t-il, en demandant au Gouvernement d’annoncer « rapidement  les conclusions de cette restructuration industrielle. C’est-à-dire avant le 1er avril, date de début de la nouvelle campagne laitière ».
Au-delà de la nécessité de « donner de la lisibilité aux producteurs d’Entremont-Alliance », l’aboutissement de ce dossier est une des clés importantes à l’organisation de la filière. Et François Plougastel d’illustrer par l’exemple de l’emmental : « Son prix est très bas. On peut même dire qu’il n’y a, pour ainsi dire, plus de cotation en France. Entremont qui paye le lait moins cher casse les prix sur ce marché. Faut-il rappeler qu’un lait payé 1 ct de moins, c’est 10 ct d’avantage de compétitivité par kg d’emmental ».
« Cette affaire Entremont n’a que trop duré. D’autant que des groupes comme Lactalis jouent de la situation », poursuit T. Merret qui soutient la proposition Sodiaal. Même si la contribution de 2 000 euros par an pendant 5 ans apparaît parfois lourde pour des producteurs qui estiment avoir déjà payé. «Mais vu du côté des producteurs de Sodiaal, cet apport de capital semble logique pour intégrer un outil industriel qu’ils ont contribué à financer ».


Le fonctionnement allemand interroge


L’autre grande interrogation concerne la compétitivité de la filière allemande. Avec cette question : « Comment se fait-il que les producteurs allemands aient fait grève quand le prix du lait était à 332 euros/1 000 litres en 2008 et qu’ils ne bougent pas avec une moyenne de 230 euros en 2009 ? ». La FDSEA  a une ébauche de réponse : « Des aides du 2e pilier de la Pac ont été orientées vers les producteurs de lait. Certaines sources évaluent ce montant à 750 millions d’euros ».
Les responsables de la Fédération mentionnent également les investissements dans la méthanisation au début des années 2000 qui commencent à générer des retours sur investissement. « Si à cela on ajoute les distorsions sociales (coût de la main-d’œuvre), environnementales, fiscales (forfait TVA avec reversement équivalant à 4 % du chiffre d’affaires), on comprend que la France soit hors-jeu ».


Régulation européenne


Prix compétitif, mais aussi marché captif. Alors que la France s’apprête à terminer la campagne laitière en sous-réalisation de près de 9 %, le reste de l’Europe semble profiter de la régulation française pour gérer ses « excédents ». Situation qui arrangerait bien les fonctionnaires de Bruxelles chargés de la gestion des quotas qui, selon des observateurs, font une moue d’inquiétude quand la France annonce qu’elle fera son quota…
Bref, « régulation européenne oui, franco-française non », martèle la FDSEA constatant que « la régulation, promise par le ministre de l’Agriculture, qui devait rassembler 21 états membres est un effet d’annonce de plus ». Et le syndicat de demander : « C’est la 7e année que la France ne fait pas son quota. 10 % de sous-réalisation française représente 86 % de la sous-réalisation européenne. Nous demandons donc l’attribution de 2 % de référence supplémentaire (NDLR : 1 % du gel de la campagne 2009/2010 + 1 % de la campagne 2010/2011), la mise en œuvre des allocations provisoires (quotas non réalisés au sein des laiteries) et la possibilité de produire la sous-réalisation nationale (mutualisation). »

Didier Le Du


Photo : Les responsables de la section laitière de la FDSEA et de l’AEBEA ont tenu un point presse sur le thème : « redonner un élan aux producteurs laitiers ».




OP et AOP
Le renforcement du maillon production au travers de la constitution d’organisations de producteurs (OP), doublées d’AOP (associations d’organisation de producteurs) est un sujet qui tient particulièrement à cœur à la FDSEA.
« Cette organisation permettrait de regrouper l’offre pour constituer un contrepoids dans le rapport de force entre les producteurs et les transformateurs », expliquent les responsables lait qui réfléchissent encore à « l’échelon pertinent » pour mettre ces structures en place. « Peut-être le Grand Ouest ».
La FDSEA appuie sur la distinction entre l’Office du lait, proposé par l’Apli, et les OP. « Pour nous pas question de collectiviser les quotas comme les suggère l’Apli. Nous, nous ne parlons pas transfert de droit propriété du lait, mais de commercialisation des produits ».



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Date de l'article : semaine du N° du 26 Mars au 1 Avril 2010
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