
Seules les conditions de sol donnent le feu vert, avec une structure favorable à la levée et à l'enracinement. Les discontinuités dans le profil sont à proscrire. Il est indispensable d'intervenir sur des sols ressuyés avec un minimum de passages. "L'objectif est d'obtenir une terre ameublie en profondeur, rassise sans être trop tassée et suffisamment affinée en surface", explique Bertrand Carpentier, d'Arvalis. Les préparations trop creuses limitent le contact plante-sol. Un sol trop fin en surface crée un risque de battance.
Pour éviter le stress hydrique
Pour assurer rendement et qualité, il faut semer dès que les conditions de sol le permettent. "Semer tôt avec des variétés de précocité adaptée permet de garantir le rendement", poursuit l'ingénieur maïs fourrage. "En situation à somme de températures limitée, un semis précoce sécurise le taux de matière sèche à la récolte. Si l'alimentation hydrique estivale est restreinte, le semis précoce permet la floraison et le début de remplissage des grains avant le stress hydrique".
Ce sont les conditions agronomiques qui doivent dicter le semis et non le calendrier. Si les conditions ne sont pas réunies, le semis doit être différé de quelques jours. En avril, il n'y a pas urgence à semer. "Le gel sur plantule est peu fréquent", estime B. Carpentier. "Jusqu'au stade 5 feuilles, le bourgeon terminal est sous la surface du sol et donc protégé".
Au contact de la terre fine
Le maïs ne talle pas. La sous-densité se traduit par une perte de rendement. La densité sera liée au type d'hybride choisi, au potentiel hydrique de la parcelle et à la destination de la culture (+ 5 000 plantes en fourrage par rapport au grain). "Le réglage de la densité se vérifie au champ par le nombre de graines semées en déterrant quelques mètres. Pour une densité de 100 000 graines, il faut 8 graines par m. pour un écartement de 80 cm".
La graine doit être placée au contact de l'humidité de la terre fine dans un sol meuble (aéré) et rappuyé (non creux). Il est essentiel de mettre les graines à une profondeur régulière, environ 4 cm, dans le frais. Trop en surface, elles sont exposées aux attaques des oiseaux et risquent de ne pas germer en cas de temps sec. Trop profondes, la levée sera plus lente et moins régulière. Pour assurer une profondeur et une répartition régulières, il est indispensable de semer lentement (5 km/h) avec un semoir en parfait état.
Contre les risques de ravageurs souterrains, il est recommandé de protéger la graine et la jeune plantule, soit par un traitement de semences, soit par application de microgranulés insecticides dans la raie de semis. L'objectif est de limiter les pertes de densité et de protéger la plantule et ainsi de garantir rendement et qualité.
Patrick Bégos
Photo : L'objectif est de semer dans une terre ameublie en profondeur, rassise sans être trop tassée et suffisamment affinée en surface.