
Comment isoler au mieux un bâtiment de volailles ? Quel intérêt de mettre en place un récupérateur de chaleur ? Comment renouveler l'éclairage de son poulailler en conformité avec les normes ? Quels sont les atouts de la méthanisation, du solaire, de la production d'énergie par biomasse ou du compostage biologique ? Comment gérer les déchets vétérinaires et phytosanitaires ? Ce sont autant de questions qui se posent les éleveurs, dans la conduite de leur élevage.
Une place à saisir
Plus de 250 producteurs des filières chair et ponte ont pu obtenir des informations sur ces thèmes, au forum organisé par la coopérative Le Gouessant. Cette journée sur le thème du développement durable entre dans le cadre d'un comportement global associant les trois volets : économie, social et environnement. "Il y a une place à saisir pour la production "durable" entre ce qui correspond aujourd'hui au standard industriel et économique et à l'opposé la production biologique", estime Jean-Yves Cornec, directeur de la coopérative.
Cette production "durable" doit s'appuyer sur les savoir- faire du standard et du biologique. La coopérative est leader dans la commercialisation des œufs bio en France, elle a créé une filiale spécialisée avec une usine d'aliment dédiée, la collecte de céréales bio et l'agrofourniture bio. "Ce savoir va contribuer à la mise en place de la démarche "Envibio", notamment dans les bassins versants contentieux, avec le concours de l'Agence française de l'agriculture bio", précise Pascal Le Paih.
Dégager du revenu
Après la qualité et la traçabilité qui ont mobilisé les services qualité de toutes les organisations économiques, dans les années 1990, le développement durable prépare l'avenir. "C'est un levier pour pérenniser l'élevage et l'agro-alimentaire en Bretagne", souligne Joël Rouault, responsable pondeuses. "La centaine de journées d'audit de la part des clients, que les responsables de la coopérative assument durant l'année, toutes filières animales et végétales confondues, montre l'implication tout au long de la chaîne".
Cette évolution vers "le durable" ne peut se faire que si les éleveurs dégagent du revenu. C'est la condition indispensable pour que les jeunes s'installent, que les éleveurs en place rénovent leurs bâtiments et investissent dans des matériels qui permettent de consommer moins d'énergie. Et cela devient urgent dans des productions, comme celle de poulettes où le parc de bâtiments a beaucoup vieilli et où les modes de production évoluent avec les projets de volière.
Les éleveurs de volailles ont pu prendre contact avec les 15 exposants bretons de matériel, réunis par la coopérative. De l'isolation à la production d'énergie ou la valorisation des déchets, chacun a pu observer concrètement les solutions proposées et les choix possibles pour son propre élevage.
Patrick Bégos
Photo : Les éleveurs ont pu nouer des contacts avec une quinzaine d'installateurs bretons de matériel d'élevage.