
En 2009, les échanges mondiaux de viande bovine ont encore légèrement reculé sous le poids de la crise économique mais également d’une baisse des disponibilités chez les trois principaux exportateurs mondiaux. En cette année marquée par la pire récession qu’ait connue le monde depuis la seconde guerre mondiale, les échanges de viande bovine ont reculé de 4 à 5 %, mais cela aurait pu être pire pour une denrée plutôt chère dans l’univers des protéines.
Recul de l'offre
Le recul est d’abord dû au manque de disponibilités chez les trois premiers exportateurs mondiaux (Brésil, Australie, Etats-Unis), pour des raisons très différentes. Au Brésil, recapitalisation et revalorisation du real ont affecté les exportations en 2009. Mais cela pourrait s'apparenter à un recul pour mieux sauter, d’autant que la restructuration du secteur abattage-exportation devrait permettre de reconquérir des marchés à partir de 2010. En Australie, la décapitalisation s’est poursuivie sous les coups de boutoir climatiques. Ce pays exportant les deux tiers de sa production a été pénalisé par la hausse du dollar australien. Quant aux Etats-Unis, les exportations ont été influencées par les fluctuations du dollar – pénalisées au premier semestre et nettement compétitives par la suite – mais limitées par les disponibilités en mâles finis au grain. L’offre mondiale n’a par ailleurs été abondée ni par la Nouvelle-Zélande, où le cheptel allaitant ne cesse de diminuer, ni par l’Union européenne qui devient un fournisseur tout à fait marginal. Parmi les exportateurs notables, seules l’Inde, l’Argentine et l’Uruguay ont augmenté leurs apports.
La demande asiatique
Côté demande, seule l’Asie a affiché un véritable dynamisme en 2009. La Chine devient un importateur non négligeable, l’Asie du Sud-Est s’affirme comme un marché en pleine croissance et même le Japon et la Corée ont repris leurs importations de bœuf malgré une situation économique plus préoccupante. Cette zone, en train de s'unifier économiquement autour de l'Asean, est désormais la cible de tous les exportateurs, ce qui perturbe de plus en plus la séparation traditionnelle entre marché "atlantique" et "pacifique". Les débats – très occidentaux – sur l'empreinte carbone du bœuf ne semblent pas freiner une demande qui est aujourd'hui marginale par rapport à celle de poulet et de porc. Symbole de richesse et de générosité, la consommation de bœuf en Asie semble encore promise à un bel avenir. Les grands exportateurs mondiaux sont sur les rangs, et la dynamique du commerce devrait se réorienter davantage vers le Pacifique.
Source : « Le marché mondial de la viande bovine en 2009 », Institut de l’Elevage, http://www.inst-elevage.asso.fr/html1/
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