
Ils ne se sont pas posés la question pendant des mois, au sein du Gaec de Roger Larvor et de son fils Sylvain, à Plouédern. "Notre chaudière fioul était âgée de 35 ans, il était temps de penser à son remplacement, explique Roger. On voulait trouver un autre système, et il se trouve qu'on a du bois de disponible sur nos talus, à couper de toute façon. Et le tronçonner, pour être broyé en bout de champ, c'est bien plus facile que de le débiter en bûches de 50 cm… Le chauffage au bois s'est imposé naturellement." L'exploitation laitière des Larvor, (560 000 L), compte 60 ha, de quoi apporter suffisamment de bois (consommation estimée : 70 m3) pour le chauffage des deux maisons qui se trouvent sur le siège de l'exploitation et de la laiterie.
Chaudière autrichienne
C'est suite à une réunion de groupe, avec l'association Aile (Association d’initiatives locales pour l’énergie et l’environnement) et la Chambre d'agriculture du Finistère sous la houlette de Jean-Yves Carré, que le pas a été franchi. L'investissement principal résidant dans la chaudière. "Plusieurs modèles nous ont été présentés, retrace l'exploitant. Nous avons opté pour un modèle autrichien, la marque Froling (puissance 35 kW)." Représentant un sérieux coup de pouce, un crédit d'impôt (50 % à l'époque) et des aides découlant du Plan bois énergie Bretagne ont été obtenus lors de l'achat de la chaudière. Par ailleurs, les Larvor ont isolé et installé eux-mêmes les tuyaux (pour partie enterrés), ce qui a diminué d'autant leur investissement. De quoi ramener le temps de retour sur investissement à 6 ans, selon leurs calculs.
Facilité d'utilisation
Après broyage (réalisé par entreprise pour environ 450 euros / an), le bois est stocké sous l'un des hangars de l'exploitation. 5 ou 6 mois de séchage sont nécessaires avant de pouvoir l'utiliser. Au fur et à mesure, le bois plaquette est ensuite transféré dans le petit local qui jouxte la chaudière. Cette dernière est alimentée par une vis sans fin. "Une fois que le bois est chargé, il n'y a plus rien à faire", apprécie Roger Larvor. Seule une opération d'évacuation des cendres est à réaliser, environ tous les 15 jours en hiver.
Anne-Laure Lussou
Photo : Roger (photo) et Sylvain Larvor ont opté pour une chaudière bois Froling de puissance 35 kW.
54 000 euros d'économie sur 20 ans
D'après une comparaison "chauffage au fioul" / "chauffage au bois déchiqueté" réalisé par Aile pour une installation similaire (2 maisons raccordées + la salle de traite; chaudière 35 kW), l'économie cumulée permise par le chauffage au bois, sur 20 ans, atteint 54 650 euros, pour un coût d'investissement chiffré à 24 550 euros (17 000 pour la chaudière). Dans le cas d'une installation pour une maison individuelle (chaudière 30 kW), cette économie est ramenée à 23 660 euros, pour un coût d'investissement de 20 100 euros (dont 14 500 pour la chaudière). Dans les deux cas, les aides ne sont pas prises en compte.