
Le syndicat Limousin du Morbihan tenait son assemblée générale, jeudi 11 mars, à la station de Mauron. L'occasion pour Alain Guillaume, de la Chambre d'agriculture, d'évoquer les facteurs d'amélioration de la marge de l'atelier viande bovine. La productivité du troupeau en est l'un des leviers essentiels. L'obtention d'un veau par vache et par an demande une bonne maîtrise de la reproduction. L'intervalle moyen entre deux vêlages est de 375 jours, dans l'ensemble des troupeaux allaitants. "Les 15% d'élevages les moins performants sont à 397 jours. Les 22 jours supplémentaires improductifs par vache équivalent à une perte d'environ 1800 euros (2,5 broutards vendus en moins) pour un élevage d'une cinquantaine de mères (55 vêlages)", affirme le spécialiste. Les vaches gardées vides et le délai entre le sevrage et la vente en réforme ont également leur incidence, sur le coût de production.
Mortalité des veaux
L'intervalle entre vêlages est primordial. Encore faut-il conserver les veaux. La moyenne des pertes de veaux est proche de 10% en troupeaux allaitants en Bretagne. La Limousine s'en sort plutôt mieux, avec 7,7% de pertes. "Les différences entre élevages sont importantes. Un bon tiers déplorent moins de 5% de pertes. Par rapport à ceux qui sont à 15%, l'impact est estimé à 6 veaux pour un troupeau d'une cinquantaine de mères". La moitié des pertes est subie au vêlage. Certains éleveurs acceptent un taux de mortalité plus élevé. Ils mettent simplement un peu plus de vaches à la reproduction. Dans ce cas, l'impact économique est plus faible.
Valorisation des produits
Le poids et la conformation des animaux à la vente varient fortement entre élevages et expliquent une partie des différences de rentabilité. "Sur un nombre significatif d'élevages (entrant dans le cadre du label), il y a 40 kilos et près de 2/3 de classe de conformation d'écart par animal entre les élevages des classes extrêmes (15% inférieurs et 15% supérieurs sur ces critères), soit 300 euros par animal". Le nombre de femelles commercialisées sous label influe également sur le résultat. "Toujours sur un troupeau de 51 vaches, un taux de labellisation de 20% des femelles équivaut à une plus-value de 1085 euros. À 80%, cette plus-value atteint 4380 euros". Certains élevages dépassent ces 80%, assure Alain Guillaume.
Économie ne rime pas toujours avec meilleure marge
Avec 30% du coût total de production, le coût alimentaire est le premier poste de charges devant la mécanisation. "En système naisseur, le coût des fourrages, ramené à la vache, est 200 euros plus élevé chez le quart des éleveurs les moins performants par rapport au quart supérieur. Cette différence est de 150 euros en système naisseur engraisseur". Les différences s'expliquent essentiellement par la part de maïs dans l'assolement et par l'achat d'engrais pour les prairies (100 euros/hectare entre le quart inférieur et le quart supérieur). "Les plus économes utilisent du lisier de porc ou associent Ray-grass et trèfle blanc". La gestion du pâturage et des stocks explique également les différences.
Le coût des concentrés est impactant. "130 euros d'écart par vache en système naisseur et 240 euros en naisseur engraisseur entre les quarts extrêmes. Les concentrés achetés expliquent la différence". Un tiers des élevages n'utilise pas les céréales produites sur l'exploitation. En système naisseur, le coût alimentaire est surtout lié au coût des fourrages. Les plus économes sur les deux postes (fourrage et concentrés) sortent les meilleures marges. En système NE, les moins économes utilisent beaucoup de concentrés mais ont une meilleure productivité et, au final, une meilleure marge par hectare. Autre levier pour améliorer la rentabilité: les charges de structure, qui doivent être en cohérence avec le système de production.
Bernard Laurent
Photo : Différentes expérimentations sont menées à la station expérimentale de Mauron, notamment en engraissement de jeunes bovins. Les adhérents du syndicat Limousin l'ont visité, après leur assemblée générale, jeudi 11 mars.