
Après une année 2009 et un début 2010 qui s’illustrent pour la plupart des productions agricoles par une dégringolade des revenus, la FDSEA avait fait de cette problématique revenu le thème central du rapport d’orientation de sa 66e assemblée générale présenté par les administrateurs Erwan Daniel et Yves Bazy.
Le constat est d’abord édifiant et contrasté. Le département est dans le peloton de tête en terme du nombre d’exploitations, des installations, des productions animales (lait, viande bovine, porc, volailles) et légumières, du chiffre d’affaires, des emplois.
Mais le département s’illustre aussi, et c’est moins glorieux pour la première région agricole de France, par un revenu moyen par actif non salarié faible, 10630 euros, la moitié du revenu moyen de la métropole. Il se situe parmi l’un des plus faibles de France. La Bretagne est classée au 17e rang des régions françaises. D’ailleurs l’écart entre le revenu agricole breton et la moyenne nationale ne cesse de croître. De moins de 2000 euros dans les années 1990, il approche les 11 000 euros en 2008.
Aux politiques d’agir
Pas étonnant donc que la priorité de la FDSEA soit le revenu. Pour « remettre l’agriculture au cœur des débats politiques », haro sur la spéculation alimentaire en demandant de sortir l’agriculture des griffes de l’OMC, et le maintien d’une Pac économique qui affiche des ambitions en matière de régulation, d’outils de gestion, de préférence communautaire. Et laisse aux aides un rôle d’appui aux filières en fonction des difficultés.
Le rapport exprime aussi sa volonté d’une agriculture compétitive, à la condition de pouvoir faire table rase des distorsions de concurrence. Elles sont nombreuses : fiscales, sociales, environnementales, sanitaires, réglementaires. L’Etat et les politiques sont appelés à prendre leur responsabilité pour compenser les disparités européennes s’il ne sont pas en mesure d’harmoniser des règles.
Un rapport de force équilibré
Autre combat celui des prix, des marges et le rapport de force avec la Grande distribution. S’ils se satisfont d’avoir pu obtenir l’observatoire des prix et des marges, les responsables expliquent “qu’à défaut de pouvoir obtenir par le dialogue et la concertation des garanties, il faut instaurer un pouvoir plus coercitif avec des alertes pour les dérapages à tous les stades des filières”.
Le rétablissement d’un rapport de force équilibré entre producteur/consommateur/
transformateur est aussi un objectif. Rappelant le rôle important des organisations de producteurs et des interprofessions, comme éléments indispensables pour envisager la mise en œuvre de la réflexion autour de la contractualisation.
Une démarche qui s’inscrit dans une nécessaire réorganisation des filières dans lesquelles les producteurs doivent être mieux impliqués. « Nous demandons notamment que la LMA intègre des dispositions permettant aux producteurs d’investir dans leurs coopératives ou outils industriels avec des incitations du type amortissement et défiscalisation des parts sociales ».
L’objectif final du syndicat est de redonner de la lisibilité aux producteurs, moins de volatilité sur les prix, des outils permettant de sécuriser un peu plus le revenu.
Pierre Dénès
Photo : Plus de 200 participants à l’assemblée générale mardi à Quintin.