Les circuits courts ou le vieux slogan d’autrefois : « du producteur au consommateur », reviennent à la mode. La mode ? Pas exactement. Cette fois, c’est l’évolution de nos sociétés développées qui amène une frange non négligeable de la population à décider d’un autre mode d’achat alimentaire. La vente directe en général se développe, grâce aux initiatives des producteurs : vente sur les marchés, abonnement à des paniers de légumes, vente de viande à la ferme, cueillette dans le champ ou encore, plus récemment, la vente de lait cru en libre-service. Et le commerce traditionnel se rebiffe quand les circuits courts le court-circuitent. Les bouchers bretons s’inquiètent face à la montée des ventes de viande à la ferme et alertent les pouvoirs publics en raison de ce qu’ils considèrent comme de la concurrence déloyale. Lors de leur assemblée générale, les expéditeurs français de légumes ont également fait part de leur impatience face à la montée des ventes directes qui, pourtant, ne totalisent que 5% des volumes. La tendance devrait encore se poursuivre. Cette nouvelle offre est une réponse indirecte à la pression de la distribution sur les prix et le fameux partage de la valeur ajoutée. Elle correspond aussi à une demande des consommateurs, de plus en plus nombreux, à vouloir se rapprocher du producteur. C’est un mode de vente, parfois une philosophie, sans doute pas généralisable, mais qu’il est nécessaire de soutenir tant que les marges seront rémunératrices pour les producteurs. Le contact avec le producteur rassure le consommateur tandis qu’on lui parle de « malbouffe » ou des soi-disant risques sanitaires des aliments transformés. Mais plutôt qu’une menace ne faut-il pas voir là une évolution positive pour la consommation des légumes dont on dit que nous ne mangeons pas assez, ou de la viande que certains voudraient accuser de tous les maux.