
La revalorisation du prix des agneaux a été particulièrement nette en début d’année, favorisant les systèmes produisant prioritairement en contre-saison. L’aide exceptionnelle FCO et la revalorisation des DPU (versée début 2010) ont plus que compensé la fin des aides "de minimis". Côté charges, l’envolée du prix des engrais a limité l’impact de la baisse du prix des aliments, alors que l’évolution des charges de structure a été relativement limitée
C'est ce qui ressort de l'actualisation des systèmes des Réseaux d’Elevage ovins par les Chambres et l'Institut de l'Elevage. Elle permet d’estimer l’impact de la conjoncture économique sur l’évolution du revenu potentiel des élevages ovins, selon la conduite de l’atelier et les productions associées. Il ne s'agit pas de revenu moyen, mais plutôt un revenu "espérable", lorsque la structure et les performances sont satisfaisantes. L’année 2009 se caractérise par des évolutions contrastées, avec une amélioration des revenus en système spécialisé et une baisse plus ou moins marquée pour la plupart des systèmes mixtes (ovins et autre production).
La progression du prix des agneaux
En système spécialisé, la progression de l’EBE (excédent brut d’exploitation) est plus nette en système intensif (race prolifique), qui profite davantage de l’augmentation du prix des agneaux. Cet EBE remonte de 17%, à 82 €/brebis, dans ce système, contre 53 €/brebis en système semi-extensif (+8%). Les revenus "espérables" dans ces deux systèmes repassent les seuils de 15 000 € pour l’intensif (420 brebis) et de 10 000 € pour le semi-extensif (500 brebis).
Moins favorable en systèmes mixtes
Le fort recul du prix du lait de vache impacte nettement le revenu en système ovins-bovins lait, en baisse de 20%, à 18 400 € pour 200 brebis et 140 000 litres de quota. En revanche, le revenu remonte légèrement en système ovins-volailles (poulet label), à 14 530 € pour 400 brebis et deux poulaillers de 400 m², mais reste sous la barre des 10 000 €/UTA.
Patrick Bégos
Source Réseau
Elevage Ouest
Les effets du bilan de santé
La prévision 2010 intègre le rééquilibrage des aides issues du bilan de santé de la PAC, avec une optique prudente sur les charges, maintenues à des prix élevés, comme sur les produits (prix 2008 pour la viande et 2009 pour le lait). Les systèmes spécialisés ovins bénéficient logiquement le plus de ce rééquilibrage, et particulièrement les plus herbagers.
Légende photo : Les systèmes ovins spécialisés utilisant des races prolifiques et une conduite intensive ont bénéficié de la progression des prix des agneaux, plus que les autres systèmes.