
Tous les utilisateurs et applicateurs de produits phytos devront bientôt posséder le Certiphyto. Ce certificat sera obligatoire, en 2014, pour les agriculteurs qui achètent ou appliquent des produits. Il vise à renforcer les compétences des utilisateurs professionnels et correspond à l'un des axes du Grenelle de l'Environnement, dans le cadre du plan Ecophyto 2018. Les formations en cours correspondent à la phase expérimentale du dispositif. La Chambre d'Agriculture des Côtes d'Armor a organisé 6 sessions de 2 jours, qui ont toutes fait le plein. A l'issue de ces formations, les 90 participants recevront leur Certiphyto, valable 10 ans.
Protéger ses cultures en sécurité
La première matinée est consacrée à l'analyse des risques liés aux produits phytos et à leur environnement. Comment identifier et utiliser les produits dangereux ? Une visite sur un site phytosanitaire permet d'aborder concrètement la réglementation, les précautions et les méthodes de prévention. Deux spécialistes de la MSA détaillent les risques pour la santé et les moyens de se protéger.
Avec l'aide d'un conseiller agronomie de la Chambre d'Agriculture, la seconde journée permet de trouver des éléments de réponse pour réduire l'utilisation des produits, (jusqu'où, comment ?), à partir des résultats d'essais et des échanges d'expériences. Il existe un panel de solutions. D'abord, la prévention par le choix d'une rotation, la mise en place de couverts végétaux, le choix des variétés, des dates de semis, des densités,.. Avant de traiter, il faut commencer par bien identifier les mauvaises herbes, les ravageurs ou les maladies et connaître leur seuil de nuisibilité. Il faut aussi se poser la question des solutions alternatives et examiner comment diminuer les intrants.
Mieux connaître
"Cette formation m'a permis d'améliorer mes connaissances, par exemple sur la réglementation", explique Philippe, 45 ans, éleveur (lait et viande) sur 100 ha dont 50 ha en cultures. "Je ne connaissais pas bien l'intérêt et le calcul de l'IFT (indicateur de fréquence de traitement), l'un des critères pris en compte dans le plan Ecophyto".
"J'ai beaucoup apprécié l'information de la MSA sur les précautions à prendre et les équipements (gants, masques à cartouches…) dont il faut disposer pour protéger sa santé", souligne Yannick, 36 ans, éleveur laitier sur 90 ha dont 48 ha de cultures. Sur son exploitation, il a réalisé un site phytosanitaire (local de stockage et aire de remplissage) qui a servi de support à la formation.
La richesse des échanges
"Cette formation rappelle aussi qu'il faut prendre le temps d'observer l'évolution des mauvaises herbes pour intervenir à temps", ajoute Philippe. La réglementation sur les produits phytos évolue vite, les techniques alternatives progressent et des cultures "nouvelles" se mettent en place. Philippe a choisi le méteil pour réduire le maïs et l'utilisation des traitements.
"Les échanges, dans le cadre du groupe, sont essentiels". Surtout en période de crise ou chacun a tendance à se replier sur son exploitation. "Ici, chacun apporte son expérience, ses astuces… et tout le monde peut en profiter". Des échanges qui peuvent se prolonger au-delà des journées de formation.
Patrick Bégos
Plusieurs voies pour le Certiphyto
La phase d'expérimentation a démarré en mai 2009 par un appel d'offres pour assurer la formation Certiphyto. Les Chambres d'Agriculture, quelques coopératives et centres de formation ont répondu. Les formations en cours entrent dans cette phase pour tester le dispositif et l'améliorer. L'expérimentation sera prolongée jusqu'en fin 2010. Il existe 4 voies pour obtenir le certificat :
•la reconnaissance de diplômes ou de formations diplômantes
•le passage de test QCM (questionnaires à choix multiples)
•le suivi d'une journée complète avec formation sécurité le matin et test l'après-midi.
•le suivi de 2 journées de formation
Légende photo : Lors de la deuxième journée, le groupe d'agriculteurs en formation écoute les explications de Jean-Marc Roussel, animateur de la FDCUMA 22 sur les outils et techniques alternatives pour réduire l'utilisation des produits phytosanitaires.