
Le bio a le vent en poupe. Sur le département l’estimation effectuée par le Gab d’Armor, qui recensait fin 2008 269 fermes bio, porte ce nombre à 300 début 2010. Cette nouvelle estimation tient compte des accompagnements courant 2009. Les raisons invoquées pour ce développement de la bio : un discours politique plutôt favorable, des aides publiques plus incitatives, la mise en place du nouveau règlement européen, les difficultés du secteur conventionnel.
Pas se focaliser sur les chiffres
Pour autant le Gab n’est pas euphorique. « On est encore loin des objectifs du Grenelle qui fixe à 6 % de SAU bio en 2012. Actuellement le département se situe à 1,9 % et si la progression actuellement constatée se confirme, à l’horizon 2012 le niveau de 3 % sera seulement atteint ». Au sein du Gab, les chiffres ne sont d’ailleurs pas la première priorité. C’est ce qui ressort d’une série de réunions par Pays organisée au cours de l’hiver. Cinq idées maîtresses sont ressorties :
1 - Une bio pour tous et pour toutes impliquant un développement de la bio sur l’ensemble du territoire, un transfert des pratiques de l’agriculture biologique auprès des agriculteurs en conventionnel, un accompagnement et une expérimentation de nouvelles techniques.
2 – Une démarche de développement du bio inscrite dans un projet global de société et une démarche de progrès. Elle doit intégrer des valeurs d’autonomie, de durabilité, d’environnement, de maîtrise des coûts, d’emplois… En fait au-delà des aspects réglementaires du cahier des charges.
3- Une bio transparente et crédible par le biais de la veille réglementaire pour limiter les risques de fraudes.
4 – Une bio autonome et solidaire qui respecte l’équilibre végétal/animal, les équilibres entre les territoires proches ou plus éloignés.
5 – Une bio innovante dans ses formes de mise en marché, proche des consommateurs, maîtrisée par les producteurs, avec un développement différent des filières conventionnelles.
Au final, les agrobiologistes costarmoricains restent attachés à une agriculture bio de proximité, en lien avec le territoire. Ils souhaitent d’ailleurs ancrer cette démarche par la création d’un interprofession départementale. (voir ci-dessous).
Pierre Dénès
Photo :Le trésorier Michel Le Boulc’h, trésorier a présenté la situation financière de l’association en nette amélioration.
Projet d’une Maison de l’agriculture biologique
Le Gab a initié au cours des derniers mois une réflexion pour la mise en place d’une structure interprofessionnelle départementale. Elle a pris exemple sur le département voisin du Finistère où cette structure existe. L’objectif est de promouvoir un lieu de concertation des différents acteurs de la filière pour échanger , débattre et promouvoir le bio à tous les niveaux. Elle pourrait intégrer les différents maillons de la filière au travers de 4 collèges : agrobiologistes, distributeurs, transformateurs, associations de consommateurs. Il s’agit également de créer une dynamique locale et de favoriser les circuits courts.