En réponse au contexte tumultueux de 2009, sur fond de crise du lait, la FDSEA d'Ille-et-Vilaine a engagé plusieurs évolutions dans son fonctionnement qui ont été présentées aux 400 adhérents venus à l'assemblée générale, le 4 mars à Pacé. Le rapport d'orientation a été construit sur la base d'une trentaine de réunions réalisées dans les cantons en fin d'année dernière. "900 producteurs ont été rencontrés, soit plus du tiers des adhérents. Les conclusions qui ressortent représentent donc un véritable état des lieux", notent les administrateurs.
A la demande des adhérents, la FDSEA va se montrer plus offensive face aux pouvoirs administratifs et économiques, "limiter la cogestion et défendre plus fortement tous les producteurs", a déclaré Frédéric Chevalier. Les adhérents seront par ailleurs mieux informés des actions menées et décisions prises, notamment via les nouvelles technologies : mails, SMS… "La réflexion est en cours pour la création d'un site internet à l'échelle bretonne".
Ouverture aux autres syndicats
Quant à l'ouverture, la FDSEA ne s'y montre pas opposée. "Nous proposons aux autres syndicats une plate-forme de revendications commune sur des sujets de défense générale de l'agriculture. Nous acceptons également l'ouverture des interprofessions, mais les décisions de la majorité devront y être respectées". Les adhérents souhaiteraient par ailleurs davantage de proximité. "Nous allons former des responsables capables d'animer des réunions de terrain, de délivrer des informations et d'en collecter pour les faire remonter", précise Thierry Moreau.
Pointant du doigt la libéralisation du marché, la crise de confiance avec les citoyens, les problèmes de communication, le président René Collin n'a pas caché que "2009 a été une année de rupture". Pour 2010, "la FDSEA va rebondir et préparer l'avenir avec de nouvelles valeurs fédératives".
Lors d'un débat avec la salle, les responsables ont répondu à des questions issues des cantons, évoquant des thèmes variés. Concernant la fixation du prix du lait, certains producteurs regrettent que les coûts de production ne soient pas directement pris en compte. Marcel Denieul, président de la section laitière, souligne que des indicateurs existent toutefois et guident les négociations. Sur la rallonge de 2% demandée par la section laitière élargie, il précise : "elle ne va pas agir sur le prix du lait et va permettre aux producteurs d'augmenter un peu le chiffre d'affaires".
La contractualisation pour garantir l'achat
Autre sujet d'interrogation, la contractualisation. "Elle va permettre d'assurer aux producteurs d'avoir un acheteur, c'est primordial compte tenu des investissements au long cours dans notre profession. La contractualisation est un outil, pas une politique", précise Marcel Denieul. "Par contre, les contrats ne garantiront pas des prix. Nous devons être d'accord sur une technique de fixation du prix et la marge doit être partagée. Mais c'est le marché qui fait les prix", ajoute Gilles Guillomon. "Entre le tout libéral et le trop interventionniste, une organisation est à mettre en place pour nos productions", synthétise Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA.
Agnès Cussonneau
Photo : De gauche à droite : Jean-Michel Lemétayer (président de la FNSEA), René Collin (président de la FDSEA 35) et Marcel Denieul (président de la section lait).