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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Bovins Viande | Article n°10476 |
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VIANDE BOVINE / Guy Hermouet, vice-président de la FNB - “La contractualisation, une urgence”
 

Paysan Breton : Quel est l'état d'avancement de la discussion sur la contractualisation de la production en viande bovine ?
Guy Hermouet : Nous y travaillons depuis un an. L'objectif est d'avoir un projet bien ficelé, pour lequel nous avons des échanges permanents avec les pouvoirs publics, pour la fin de l'année. Nous sommes en discussion avec les fédérations (Coop de France, la Fédération nationale de l'industrie et du commerce en gros de viande…) et nous irons plus loin (Syndicat national de l'industrie des viandes…). Les choses avancent et nous commençons à présenter le projet aux éleveurs en région.


Sur quelles bases sera conçu le contrat ?


Le contrat partira des coûts de production des éleveurs, qui sont en hausse constante. Sans cela, nous risquons de perdre une partie de l'élevage français. Or, le potentiel des vaches allaitantes est en France, et nous disposons des outils d'abattage qui vont avec. Notre objectif, en premier lieu, est de limiter le déficit de production de viande français. Et en ce sens il y a urgence, en France mais aussi en Europe : c'est notre autosuffisance alimentaire qui est en jeu.


Les contours des contrats sont-ils déjà arrêtés ?


Oui. Nous disposons de réseaux de référence qui peuvent nous fournir des indicateurs du coût de production. Cet indicateur sera validé à la fois par les professionnels et par les pouvoirs publics, et il permettra de définir la marge de l’éleveur dans le contrat. L'idée est que les entreprises financent (ou récupèrent) l’écart entre les cours et les coûts de production (avec fourchette de + / - 10 centimes), et qu'en cas de différentiel trop important, une caisse de sécurité prenne le relais. Cette caisse nationale sera alimentée à 50 % par les producteurs et à 50 % par l’État. En effet, si le contrat est basé sur un fonctionnement tripartite (éleveur, OP, transformateur), les pouvoirs publics doivent aussi intervenir, en période de mauvaise conjoncture. Au final, tout le monde peut s'y retrouver. L'éleveur se voit garantir sa marge en étant assuré de rester compétitif. L'entreprise est assurée de son approvisionnement, au moment où elle en a besoin : elle peut mieux la valoriser.
Par ailleurs, s'il s'agit d'un cadre national, la contractualisation n'est pas nationale. Chacun pourra adapter sa
façon de faire (choix des
types d'animaux, catégories, poids…), en faisant en sorte que le fonctionnement s'intègre dans le cadre national. Et le système n'est pas figé : on pourrait, demain, aller plus en amont (naisseurs) ou aval (grande distribution).
Pour l'heure, notre objectif est que 30 % de la production française de JB, génisses, et bœufs, soit 600 000 animaux, soit contractualisée. Cela représente un volume suffisamment élevé pour orienter le marché.


Est-on assuré de la compatibilité de ce système avec la LMA ?


Des juristes sont en train de s'assurer de la compatibilité de chaque point. Notre objectif, en clair, est de préparer 2013. Nous voulons actionner les fonds adéquats au niveau européen pour que les pouvoirs publics nous soutiennent. On entend parler d'assurance revenu… Pour l'heure, Bruxelles regarde nos travaux d'un œil assez favorable. Nous sommes assez confiants.


Que dites-vous aux éleveurs réticents à la  contractualisation qui leur fait peur ?


Le système est volontaire. Aujourd'hui, soit on ne fait rien, soit on avance... Les pouvoirs publics nous ont bien fait comprendre qu'ils ne continueront pas à soutenir les filières comme aujourd'hui. Je crois que tout le monde, dans la filière, s'aperçoit bien qu'il faut agir : sans réaction de notre part, la production diminuera forcément et elle ne correspondra plus aux besoins. On deviendra pourvoyeur de minerai, et notre bonne image va disparaître.

Propos recueillis par
Anne-Laure Lussou


 


Photo : L'objectif de la FNB est que 30 % de la production soit contractualisée, soit un volume suffisamment élevé pour orienter le marché.







>>> Note

Note : Une réunion, pour présenter le projet de contractualisation en viande bovine, spécifiquement aux éleveurs du Grand Ouest, est prévue pour le mois d'avril. Date et lieu à venir ultérieurement.



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Date de l'article : semaine du N° du 12 au 18 Mars 2010
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