
Certes les résultats de l'étude sont à relativiser, compte tenu de l'importance de l'échantillon enquêté : 29 élevages, répartis sur toute la Bretagne mais majoritairement du Morbihan, et disposant d'un robot depuis au moins un an. Mais il n'empêche : "les résultats confirment les références qui existent en la matière, ainsi que nos observations de terrain", indique Daniel Le Clainche, animateur du groupe mammites et qualité du lait des GDS de Bretagne, en charge de cette enquête avec la participation d'un stagiaire du lycée de La Touche, Alexandre Caillon.
Qualité du lait : malus
Les élevages enquêtés disposaient d'une référence laitière moyenne de 566 000 litres (contre une référence bretonne 270 130 litres) et d'un effectif de vaches présentes de 63 (référence bretonne à 41). Dans ces élevages, la moyenne leucocytaire s'est établie à 290 000 cellules / ml de lait, contre une moyenne des élevages bretons située à 252 000. Un tiers des élevages enquêtés s'est avéré au-dessus des 400 000. “Les troupeaux observés sont donc soumis à une pression d’infection importante, notamment à réservoir mammaire”, commentent les auteurs. Le pourcentage de vaches à moins de 300 000 a atteint 76 % dans les élevages enquêtés, contre un résultat légèrement meilleur, 79 %, pour l’ensemble des éleveurs bretons. À noter que, sans surprise, les résultats des élevages enquêtés ont été d’autant moins bons que la situation initiale, avant l’installation du robot, était elle-même dégradée. Le robot ne peut pas faire de miracle.
Un recensement des pratiques
La nouveauté, dans le type d'enquête réalisé, a résidé dans le fait que les pratiques des éleveurs étaient également observées. L'occasion de remarquer la grande variabilité de l'utilisation des données du logiciel, d'un élevage à l'autre, le nombre de consultations se situant à moins de 3 fois par jour en moyenne. Autre point, "l'application d'un produit de post-trempage des trayons est réalisée dans 28 élevages mais, dans un tiers des cas, la qualité de désinfection est jugée non satisfaisante car les trayons ne sont que partiellement recouverts par le produit", relève l'étude. Ceci explique peut-être cela.
Des outils
Se basant sur les données de l'étude, les GDS de Bretagne ont conçu une grille d’auto-diagnostic de la circulation des vaches, destinée aux éleveurs ayant un projet de mise en place d’un robot de traite. Aidé de cet outil, l’éleveur peut évaluer, point par point, sa situation par rapport aux objectifs à atteindre lors de l’installation du robot. Les GDS sont également en cours d'élaboration d'un référentiel spécifique, qui permettra aux techniciens de réaliser des audits d'élevages équipés de robot. Marge de progrès possible, donc, pour ces élevages, comme le montre cette récente enquête. Rappelons néanmoins pour finir qu'équipement en robot n'implique pas forcément montée en flèche des leucocytes et mammites.
Anne-Laure Lussou
Photo : L'enquête a abouti à des résultats leucocytaires et santé de la mamelle plutôt défavorables dans les élevages enquêtés, avec des résultats d’autant moins bons que la situation était déjà dégradée avant l’installation du robot.