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Sommaire | " POLITIQUE AGRICOLE " | Article n°10471 |
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CRISE AGRICOLE / Un Grenelle de l’environnement, adapté - 50 millions d’euros pour clôturer le salon
 

C’est sans surprise que le chef de l’État a annoncé que le gouvernement prenait en charge à hauteur de 50 millions d’euros les intérêts d’emprunts des prêts de trésorerie et de consolidation qui s’ajoutent au 100 millions d’euros déjà accordés et une augmentation de 800 millions d’euros de prêts bonifiés pour les agriculteurs en difficulté. Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a annoncé une « nouvelle méthode dans la préparation et la mise œuvre des mesures environnementales en agriculture ».


Pragmatisme sur l’environnement


Un groupe de travail va se tenir cette semaine avec Bruno Le Maire et Jean-Louis Borloo pour définir cette méthode autour de « trois axes » : « une analyse comparée avec ce qui se fait en Europe, une étude d’impact et un chiffrage du bénéfice attendu par la société ». Une manière d’adapter le Grenelle de l’environnement au monde agricole, reprenant d’ailleurs des propositions de Bruno Le Maire, même si Nicolas Sarkozy a indiqué « ne pas vouloir de moratoire sur l’environnement mais du pragmatisme ». Autre sujet : la Pac, où le président a, à nouveau, défendu « la préférence communautaire ». « Je dis aux partenaires de l’Europe que l’on peut discuter d’une baisse de budget de la Pac, à la condition d’avoir de la préférence communautaire » a-t-il conclu. Il a également souhaité que face aux distributeurs, « les producteurs se regroupent ». « Nous vous aiderons à peser sur le partage de la valeur ajoutée », a-t-il promis. À ce propos, il a annoncé qu’il allait « demander la modification du droit de la concurrence » dans l’Union européenne, Bruxelles n’autorisant pas le regroupement de producteurs agricoles.




Photo : C’est samedi, dans le cadre du salon de l’agriculture, que Nicolas Sarkozy a annoncé les mesures complémentaires pour les agriculteurs en difficulté.







 Une clôture sans anicroche pour Nicolas Sarkozy

La visite du chef de l’État, le samedi 6 mars s’est déroulée sans mouvements visibles d’humeur du monde paysan. Arrivé avant l’ouverture pour être plus tranquille, Nicolas Sarkozy a passé près de deux heures au salon limitant sa visite aux halls de l’élevage et des productions végétales avant de rejoindre les organisations agricoles représentatives et l’Ania pour une table ronde. Lors de son intervention, il a souligné avoir « besoin de l’unité de la profession » dans l’optique du « combat européen qu’il mènera avec acharnement sur la PAC ». Il a demandé aux syndicats représentatifs des filières agricoles et agroalimentaires de « définir une position commune sur les outils de régulation de la PAC de 2013 ». Sur son parcours, Nicolas Sarkozy a eu un long échange avec Gérard Budin, le président de Sodiaal et Henri Brichart, le président de la FNPL en présence de Jean-Michel Lemétayer. La reprise d’Entremont par Sodiaal a été évoquée.


 







Vives réactions dans les milieux environnementaux


Les propos de Nicolas Sarkozy : « Je voudrais dire un mot de toutes ces questions d’environnement. Parce que là aussi, ça commence à bien faire » ont provoqué de vives réactions : « c’est le retour du double langage : on commence par dire qu’on croit à une agriculture durable et quelques secondes plus tard on la démolit. C’est une remise en cause du Grenelle et même une trahison », estime ainsi Lylian Le Goff, expert de la fédération France nature environnement (FNE) L’association Eau et Rivières de Bretagne a estimé que Nicolas Sarkozy donnait « un signal extrêmement négatif envoyé aux autorités européennes ». Les Verts ont également réagi : le député Noël Mamère a qualifié Nicolas Sarkozy d'« apprenti sorcier » et d'« imposteur » tandis que Cécile Duflot a dénoncé le « calcul électoral » selon lequel « mieux vaut une voix agricole acquise à l’UMP qu’un pari sur le vote écologiste ». Le ministre du développement durable Jean-Louis Borloo a dû minimiser la portée des propos du chef de l’État en estimant qu’il s’agit surtout « d’un problème de paperasse et de modalités ». « Il ne nous a jamais lâchés et c’est même lui qui nous a toujours poussés à aller plus loin » affirmait Jean-Louis Borloo.



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Date de l'article : semaine du N° du 12 au 18 Mars 2010
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