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Cuma La Rouillacaise à Rouillac (22) / Une démarche collective pour le lisier sur céréales
 

Cela fait 15 ans que nous fertilisons nos céréales avec du lisier". Philippe Couéllan et Stéphane Nogues sont associés dans 2 Gaec de Rouillac : pour Philippe, le Gaec de Claireven (200 truies NE, 75 VL, 150 ha dont 32 ha en céréales) et pour Stéphane, le Gaec de la Melée (300 truies NE partiel,  70 VL 175 ha dont 80 de céréales). Les exploitations sont situées dans le bassin versant de l'Arguenon et soumises aux contraintes environnementales (moyenne de 140 unités d'azote/ha, dont 40 unités maximum en minéral).


Rapidement convaincus


Comme 11 autres agriculteurs, les deux Gaec adhèrent à la Cuma La Rouillacaise. L'épandage de lisier a démarré après réflexion collective, au sein de la Cuma. "Après quelques essais, nous avons été rapidement convaincus qu'il fallait adopter cette technique pour valoriser le lisier de nos élevages en l'épandant sur le blé au moment où il en a réellement besoin", explique Philippe. "Les contraintes environnementales nous ont conforté dans cette pratique". 
En 15 ans, le matériel a beaucoup évolué. La première tonne avait une rampe de 10 buses pour un épandage sur 15 m. "Dès 1998, nous l'avons remplacée par une rampe à pendillards de 15 m. La répartition était nettement meilleure, avec moins de souillure sur céréales et sur prairies et moins d'odeurs". En 2001, la capacité a encore progressé. "En 2010, nous sommes en cours d'acquisition d'une tonne de 20 000 L, avec une rampe à pendillards de 16 m", déclare Stéphane. "Elle sera équipée de pneus de grand diamètre (1,85 m) et larges de 80 cm pour une meilleure portance".


25 à 30 m3 par hectare


Pour réussir dans cette technique, les conditions climatiques sont capitales, notamment en terres labourées. En année favorable, les parcelles saines de céréales ne reçoivent que du lisier. "Globalement, 70 à 75 % des surfaces de blé des adhérents de la Cuma ont au moins un passage de lisier. Pour les endroits plus délicats, nous avons acheté, il y a 2 ans, une tonne plus petite, de 11 500 L avec une rampe multibuse et de grandes roues". Elle vient aussi en appoint, en cas de planning surchargé.   
Dans 80 à 90 % des parcelles, il n'y a qu'un seul apport, en général de 25 à 30 m3/ha, après analyse de la teneur en azote du lisier par Quantofix (autour de 3 unités utilisables/m3). L'épandage se fait fin février-début mars. Et, souvent, un complément sous forme minérale est apporté 3 semaines plus tard.


Tributaires du temps


"Le plus compliqué, c'est le choix de la période", estime Philippe. "Nous sommes tributaires du temps. Le planning se fait tous les lundis soirs pour la semaine, en fonction de la météo". Les deux chauffeurs, Denis et Mathieu, connaissent bien les parcelles et leur accessibilité. Sur une journée, on peut épandre du lisier sur 15 ha, avec une tonne.
"L'effet sur les céréales est largement positif, même s'il y a quelques pertes au passage des roues, en parcelles humides", souligne Stéphane. "En conditions normales, le blé se remet rapidement". Financièrement, l'économie n'est pas négligeable. Selon les exploitations, de 2 000 à 4 000 unités d'azote sont ainsi valorisées sous forme organique, par le blé.
"Le frein est aujourd'hui le plafond cantonal qui empêche de céder des effluents à des prêteurs" déclare Philippe. Les producteurs de lait seraient preneurs de lisier, mais ne le peuvent pas. "Une partie de mon fumier de bovin est ainsi transférée dans la région de St Malo, alors qu'il pourrait être utilisé dans le canton". Les camions d'engrais croisent ainsi les camions de fumier, alors que celui-ci pourrait être utilisé sur place.
Patrick Bégos


Photo : Depuis 15 ans, les adhérents de la Cuma épandent du lisier sur leurs parcelles de céréales. Les pendillards permettent un apport au plus près de la plante, avec une bonne répartition de la dose.

 







Un matériel de grande capacité et efficace

Compte tenu de l'éloignement et du morcellement des parcelles, l'épandage du lisier sans tonne est difficile. "Cela mobiliserait deux chauffeurs, l'un pour l'épandage, l'autre pour l'approvisionnement. J'ai 37 parcelles pour mes 80 ha de blé", résume  Stéphane. Pour gagner du temps, la Cuma a privilégié l'augmentation de la capacité de la tonne (20 m3) et son équipement en roues larges de grand diamètre. Le tracteur et la tonne pleine pèsent 40 tonnes et l'attelage doit pouvoir passer partout. L'idéal est d'avoir plusieurs entrées dans la parcelle pour ne pas tasser les fourrières. 



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Date de l'article : semaine du N° du 12 au 18 Mars 2010
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