Une certitude : l’économie agricole devra définitivement composer avec la volatilité des prix. Aussi, la crise du lait ayant accéléré la réflexion, Bruxelles et les pays membres recherchent des solutions pour stabiliser le revenu des agriculteurs européens. Comment éviter, par exemple, qu’il soit trop lié aux marché mondiaux du beurre et de la poudre de lait ? Parmi les solutions envisagées par les ministres de l’Agriculture européens il y a bien sûr les systèmes d’assurance récolte, les plus avancés mais aussi l’assurance-revenu déjà en place en Amérique du Nord. Plus nouveaux quoique déjà pratiqués sur le marché des céréales et sur le porc, les marchés à terme permettent de sécuriser le revenu en minimisant les risques. En fin d’année 2009, Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture évoquait déjà cette piste pour faire face à la volatilité du prix du lait en lien avec le marché mondial des produits industriels. Il s’est rendu aux États-Unis en octobre pour étudier la question. Outre-Atlantique, le beurre et le lait sont parmi les premiers produits pour lesquels des contrats à terme ont été cotés, dès 1850. Environ la moitié de la production américaine de lait passerait par le marché à terme de Chicago. La Commission européenne a également travaillé le sujet. Tandis que Nyse Euronext (Bourses de New-York et européennes) avait le projet de lancer au premier semestre 2010 des instruments financiers de couverture sur les produits laitiers industriels. Mais aucun système n’est parfait. Aux États-Unis, les marchés à terme ont eu aussi à traverser la crise financière et la spéculation refuge sur les matières premières agricoles. Le département américain de l’Agriculture était, l’été dernier, prêt à acheter les contrats lait pour le fromage afin de faire remonter les cours.