Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Morbihan (56)
Les projets de vente directe abondent dans le Sud et à l'Ouest du 56 / Un distributeur de lait automatique à Herbignac
 

Une exploitation de 500 000 litres de lait avec un petit atelier de vaches allaitantes pour un Gaec à deux associés. La structure devait suffire au bonheur des éleveurs. C'était mal connaître la volonté d'entreprendre de Jean-Michel Auger, l'un des deux producteurs concernés. "J'aime le contact et je souhaitais donner une nouvelle impulsion à ma carrière professionnelle". Son épouse travaillant dans l'industrie laitière, l'idée de transformer une partie de sa production le titillait depuis longtemps. "Je cherchais une solution sans investissement conséquent et sans charge de travail supplémentaire le week-end, pour ne pas pénaliser la vie de famille". Une drôle d'exigence quand on veut vendre en direct; le temps de présence sur les marchés étant souvent nécessaire. "L'idée d'installer un distributeur automatique de lait m'est venue en 2008, en voyant un reportage". Le contact avec un importateur de matériel, quelques visites, les démarches administratives et l'aval de son associé, moins investi dans le projet, débouchent, en juillet 2009, sur l'installation du distributeur à Herbignac, commune de 5 000 habitants, à la frontière du Morbihan. "Je voulais l'installer sur ma commune, dans un lieu fréquenté". L'exploitant loue un emplacement au bord d'une route départementale (5 à 6000 passages par jour), sur un parking, à côté d'une boulangerie.


51 000 euros d'investissement


Le distributeur propose du lait cru et toute une gamme de desserts. "La transformation n'est pas réalisée sur la ferme, pour des raisons de temps de travail et d'investissement. Nous travaillons avec un restaurateur de la commune. Il élabore des desserts: riz, semoule au lait, crèmes…". Le montant de l'investissement (aménagement, équipement) est de 51 000 euros, financé sur 7 ans. Le seuil de rentabilité, fixé à 50 litres par jour (50 euros), est atteint. "Le recul n'est pas encore suffisant. Il faudra vendre plus pour dégager du revenu sur cette activité. Pour l'instant, les charges sont simplement couvertes". Vendre plus, en y consacrant du temps. L'éleveur propose déjà quelques animations (dégustations de crêpes) et entend développer ces moments conviviaux avec les clients autour de produits réalisés à base de lait (distribution de plateaux desserts). Il est également présent tous les samedis matin, au distributeur, pour connaître les besoins et les souhaits de la clientèle. Des clients qui pourront prochainement payer avec une clé électronique rechargeable, à défaut de monnaie. L'approvisionnement du distributeur et la livraison chez le restaurateur ne prennent, en moyenne, qu'une heure par jour. La vente risque, malgré ses prévisions, d'écourter une partie des week-ends en famille.

Bernard Laurent


 


Photo : Le développement des circuits courts était le thème du débat de l'AG du GVA de Muzillac, mardi dernier.


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Date de l'article : semaine du N° du 5 au 11 Mars 2010
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