
Partis lundi dernier de Notre-Dame-Des-Landes, les détracteurs du projet de création d'un aéroport international, seront à Nantes samedi prochain pour manifester leur mécontentement. Chaque soir, les participants font étape dans une ville de la région. Redon, Rennes, Laval et Angers ont ainsi reçu leur visite, dans la semaine. Des agriculteurs, avec leurs tracteurs, se sont joints à la manifestation. "Une cinquantaine d'exploitations agricoles sont remises en cause par ce projet", explique Sylvain Fresneau, associé d'un Gaec à trois personnes, produisant 500 000 litres de lait, sur la commune de Notre-Dame-des-Landes. "La plupart sont des élevages bovins, totalisant 11 millions de litres de lait et 700 vaches allaitantes. Une centaine d'emplois agricoles directs sont compromis". La région concernée par l'aéroport est le premier bassin laitier du département de Loire-Atlantique. 850 hectares sont la propriété du Conseil général, mais près de 2000 hectares seront nécessaires compte tenu des équipements connexes à créer, selon les manifestants.
Investissement sous-estimé ?
"Nous voulons sensibiliser les habitants des départements voisins", confie Thérèse Leparoux, vice-présidente de la communauté de communes d'Erdre et Gesvres, où se situe le projet. "L'investissement est largement sous-estimé. L'aéroport sera trois fois plus cher que les 581 millions d'euros annoncés (valeur 2006). Cet investissement pénalisera, pour de nombreuses années, les budgets des collectivités locales des Pays-de-la-Loire. Et pas seulement. Le projet est inter-régional; les départements limitrophes seront mis à contribution". Les opposants citent l'exemple de l'aéroport de Stansted, à Londres, estimé à 2,9 milliards d'euros, pour une piste, un terminal et une aire de stationnement des avions (presque 2 fois moins grand que Notre-Dame-Des-Landes). La population locale, dubitative au départ, en raison des créations d'emplois promises, semble de plus en plus hostile au projet. "Nous venons de créer un collectif de 600 élus, opposés à ce projet, vieux de près de 40 ans, qui fait abstraction des installations de lignes ferroviaires à grande vitesse et du renchérissement du coût du pétrole". Les alternatives existent selon Thérèse Leparoux. La capacité actuelle de l'aéroport de Nantes-Atlantique est de 3,5 millions de passagers (2,6 millions de passagers en 2009). "L'aéroport existant peut être agrandi. Si un réaménagement est nécessaire, ce qui n'est pas prouvé, une simple réorientation de la piste actuelle supprimerait le survol de la ville de Nantes et des zones les plus peuplées". Le décret de déclaration d'utilité publique a été signé en 2008. Depuis fin 2009, les candidats à la concession du projet peuvent déposer leurs offres. Les travaux pourraient démarrer, au plus tôt, en 2013.
Bernard Laurent
Photo : Le collectif des associations opposées à la construction d'un nouvel aéroport appelle à manifester à Nantes, samedi 6 mars