
L’idée de créer une Cuma automotrice dans le Mené a germé à la suite de réunions organisées par la
FDCuma sur l’alimentation des troupeaux en groupe. Au départ, 5 à 6 éleveurs se sont montrés intéressés. Le relais s’est ensuite opéré au travers des Cuma du secteur. Petit à petit le groupe s’est étoffé pour suivre quelques démonstrations, et réaliser des visites auprès de Cuma existantes, notamment en Ille-et-Vilaine.
Au final, ce sont onze exploitations qui se sont lancées pour créer la Cuma Ménédésil. Avec pour motivation : un équipement obsolète qu’il fallait de toute façon changer immédiatement ou dans un court délai, une volonté d’améliorer la qualité de la ration, une aspiration à limiter les temps d’astreintes.
Bien s‘organiser
Depuis la mi-décembre, la machine (RMH) à vis verticale sillonne donc les routes du secteur pour alimenter les troupeaux. Elle rayonne sur 5 communes pour un quota de 5,4 millions de litres de lait. Le parcours de la désileuse dépasse juste les 50 kilomètres journaliers. « Le ratio de rentabilité est fixé à 100 000 de lait au kilomètre parcouru par jour », note le président Eric Boishardy.
Même avec des conditions climatiques très défavorables (neige, verglas), globalement les éleveurs estiment que cette première étape s’est bien passée. « Dans certaines exploitations, il a été nécessaire de réaliser quelques travaux pour l’accès aux bâtiments ».
Les deux chauffeurs, Thierry et Anthony démarrent à 7 heures pour finir entre 12 heures et 12 heures 30.
L’objectif est de faire en sorte que le travail soit réalisé dans un délai optimal. « Chacun doit donc faire un effort, car la clé de la réussite passe par la régularité dans les passages, ce qui nécessite un minimum de solidarité et d’organisation, par exemple pour éviter que tous les lots de génisses soient alimentés le même jour dans toutes les exploitations ».
Un groupe ouvert
De toute évidence il y aura des évolutions. « On s’aperçoit que si le concept permet d’effectuer tous types de mélanges, il y a des fourrages comme les enrubannés de RGA qui prennent plus de temps ». Il est donc possible que certains éleveurs fassent évoluer la ration en privilégiant par exemple plus d’ensilage d’herbe. Ce, d’autant que dans la facturation, la variable « temps passé » est prise en compte pour 40 %. 60 % étant liés au quota.
Les premières factures viennent juste de tomber. « La moyenne se situe à 15,38 euros/1000 litres, mais on vise rapidement les 14 euros. Pas plus élevé que si l’on avait investi individuellement dans une mélangeuse et le travail en moins ». Le groupe reste en outre ouvert à d’autres éleveurs qui voudraient s’intéresser à ce type d’alimentation. Et demain si le groupe s’étoffe réellement les responsables n’excluent pas une nouvelle organisation avec une ou plusieurs machines dans la perspective d’une réduction des coûts.
Pierre Dénès
Photo : Les adhérents et les chauffeurs devant la machine en service depuis la mi-décembre