
Le Smega (Syndicat Mixte Environnement Goëlo Argoat) réunissait la semaine dernière un groupe de chercheurs internationaux, partenaires scientifiques et techniques d’une opération pilote sur le Bassin versant de l’Ic. L’objectif est de tester sur un secteur tampon, une technique de dénitrification des zones humides et de faire en sorte que moins de nitrates aboutissent à la rivière et donc à la mer. Il s’agit de participer à la lutte contre le développement des algues vertes.
Les différents collaborateurs scientifiques et techniques du projet (le Smega, Véolia Environnement, le Centre de Compétence des Eaux de Berlin, l’Agence Fédérale de l’Environnement allemande , l’Université d’Indianapolis, l’Inra et le Conseil scientifique de l’Environnement de Bretagne) se réunissaient mardi à Plérin pour un comité technique avant de se rendre sur le terrain.
Les bactéries au travail
Depuis 3 ans, le Smega œuvre donc sur ce projet qui vise à prévenir et atténuer la pollution diffuse en milieu agricole. Concrètement en tenant compte de la topographie sur le secteur concerné, l’eau d’une trentaine d’hectares est captée dans un fossé et convoyée dans une cuve de 6000 litres remplie de paille. C’est là que débute une première dénitrification par des bactéries.
En sortie de cuve, elle rejoint un fossé aménagé avec un « magic mix » contenant de la terre, du sable et du compost. En dessous un lit de sable grossier et cailloux, puis un drain destiné à récupérer l’eau qui rejoint une cuve destinée à faire des prélèvements.
Il s’agit en fait de créer les conditions pour que les bactéries transforment les nitrates en azote. « C’est une première en milieu rural », précise Caroline Guégain, technicienne du Smega. Elle insiste cependant sur le fait qu’elle vient en complément de la nécessaire diminution d’intrants. L’intérêt est aussi d’expérimenter un aménagement relativement simple et donc reproductible. D’autres projets sont d’ailleurs en cours d’étude. Les différents partenaires vont continuer à travailler sur le site de Plélo, notamment pour analyser les résultats et juger de l’efficacité réelle.
Du côté du partenaire Véolia, les résultats sont d’autant plus attendus que l’entreprise est le fermier de la prise d’eau de Binic, dont elle espère un jour obtenir la réouverture lorsque les taux de nitrates le permettront.
Pierre Dénès
Photo : Techniciens du Smega et leurs partenaires en visite sur le terrain