
L’Ameb tenait son assemblée générale hier jeudi 4 mars à Plérin. Pour un débat sur le thème « Agriculteurs bretons, Bretagne agroalimentaire. Quelles ambitions ?», elle avait invité à se prononcer 5 représentants des principales listes aux élections régionales.
François Palut président de l’association, explique aussi qu’un questionnaire est adressé à chaque tête de liste des candidats aux élections régionales pour leur permettre de donner leur position sur les ambitions qu’ils entendent donner à l’agriculture et agroalimentaire bretons. Les réponses étaient attendues dans la semaine et devaient donc servir de base à l’introduction du débat.
Un engagement politique
Pour l’Ameb, il s’agit d’amener les candidats à se prononcer sur des dossiers qu’il jugent aujourd’hui prioritaires pour la pérennité des productions animales en Bretagne. La liste des doléances est longue, même si les responsables de l’association ne sont pas dupes sur les moyens limités (financiers) de la Région.
« C’est aussi un engagement politique à défendre les secteurs de l’élevage et de l’agroalimentaire qui emploient plus de 500 000 personnes (emplois directs et induits) ». Ils pointent du doigt l’étendue des distorsions : charges salariales, sociales et fiscales, normes qualité, environnement …, qui aboutissent à une concurrence déloyale.
Ils craignent en outre que la barque ne se charge un peu plus par la mise en place de nouvelles taxes (Borloo et carbone). « Dramatique pour une région comme la nôtre qui doit déjà compter avec le handicap naturel de son éloignement des grands centres de consommation », note Paul Lopez, vice-président. Il poursuit : « notre compétitivité peut dès lors être menacée ».
Marc Henninger représentant l’Afab, souligne aussi les incohérences des législations et parfois certains mensonges entretenus. Il explique par exemple « qu’en Bretagne on se gargarise de vouloir une filière non OGM, mais, dans le même temps, rien n’est fait pour avertir le consommateur sur le fait que dans des produits transformés on peut retrouver des ingrédients importés contenant des OGM ».
François Palut conclut, « Nous ne nous contenterons pas d’engagements, nous resterons ensuite vigilants pour nous assurer qu’ils seront suivis d’effets concrets ».
Pierre Dénès
Photo : François Palut président de l’association, entre Paul Lopez (à droite) et Marc Henninger (à gauche).