
Il n’existe que peu de produits de désherbage pour les protéagineux et les échecs ont des conséquences sur les cultures suivantes. Pour garantir un bon désherbage à coût modéré, le choix doit se faire en fonction des mauvaises herbes, avec une adaptation de la dose à la stratégie choisie, dans le cadre d'une rotation diversifiée. Si le désherbage du pois protéagineux peut s’envisager en prélevée, en post levée ou en programme « pré + post », il n’en est pas de même pour la féverole.
Féverole : post-semis prélevée obligatoire
Alors que les possibilités de lutte chimique en post-levée contre les graminées sont multiples, il n’existe aucune solution antidicotylédones utilisable en post-levée, en féverole. La réussite de la prélevée est donc capitale.
Pour lutter contre les dicotylédones en prélevée, les principaux produits disponibles sur féverole sont le Nirvana S, le Challenge 600, le Prowl 400/ Baroud SC et le Centium 36 CS. Certaines associations avec ces produits permettent d’élargir les spectres d’efficacité.
La féverole peut être binée sous réserve que l’écartement entre rangs l’autorise. Il est tout à fait possible, compte tenu du peuplement recherché (35-40 grains/m²) d’écarter les rangs à 35 - 40 cm, ce qui rend possible le binage.
Pois : plusieurs stratégies possibles
La lutte contre les dicotylédones étant possible en post-levée, même s’il y a peu de produits, le désherbage du pois peut être envisagé de plusieurs façons. Le traitement de post semis prélevée constitue une assurance, surtout dans les parcelles à risque de salissement important ou avec des adventices difficiles (gaillet, renouées, …).
L’efficacité des produits à action racinaire est liée à l’humidité du sol. Le traitement éventuel de rattrapage en post levée devra intervenir sur des adventices jeunes, 2 à 3 feuilles maxi. Le choix d’une application unique en post-levée doit être limité aux parcelles faiblement enherbées. Les produits et associations utilisables en post-levée sont limités et nécessitent, pour une bonne efficacité, d’être appliqués sur des adventices jeunes (2-3 feuilles maxi) et en conditions poussante
Préserver la sélectivité et l’efficacité
Pour une bonne efficacité et une sélectivité optimale des mélanges utilisés, il faut respecter les conditions d’emploi suivantes. En prélevée, la dose doit être adaptée au type de sol, avec des semences bien recouvertes, sur un sol rappuyé. Il faut traiter le plus près possible du semis, exception faite du Challenge 600, appliqué seul sur pois qui peut se positionner jusqu’au stade crosse sous terre. Il est conseillé ne pas rouler après application et d'éviter de traiter sur un sol sec car les produits disponibles sont de type racinaire.
En post levée, le traitement ne doit pas être fait sur des cultures en mauvais état végétatif. Si les températures ont une grande amplitude entre jour et nuit, il est préférable de ne pas traiter. Il est également conseillé de ne pas mélanger les herbicides antidicots avec des adjuvants, des insecticides ou avec des antigraminées foliaires.
Contrairement au pois, la féverole est très sensible aux herbicides et il n’est pas rare d’observer des symptômes de phytotoxicité. Dans la majorité des cas, ces symptômes sont visibles longtemps en culture mais sont sans conséquences graves sur le rendement.
Michel Moquet
Arvalis-Institut du Végétal
Photo : Le désherbage du pois protéagineux peut s'envisager en pré-levée, en post-levée ou en programme pré+post.
Antigraminées : plusieurs solutions possibles
La plupart des herbicides de prélevée présente une efficacité satisfaisante sur pâturins, en particulier pâturin annuel, mais moyenne à insuffisante sur ray grass, vulpin et insuffisante sur folle avoine. Les antigraminées foliaires permettent un bon contrôle en post-levée des graminées à l’exception du pâturin annuel (uniquement maîtrisé par Centurion 240 EC/OGIVE). En règle générale, le vulpin et la folle avoine sont plus faciles à détruire que le ray grass. Pour une bonne efficacité, il faut intervenir sur des adventices jeunes (3 feuilles à tallage).