La France, contrairement à d’autres pays voisins, a choisi le zéro augmentation des quotas laitiers et zéro tolérance pour les élevages dépassant leur quota soit environ 30% des élevages français. Mais la dureté de la crise et la demande du terrain semble avoir raison de la position pure et dure du « double zéro » augmentation de la production. Il semblerait que sous réserve de la décision de Bruno Le Maire, une tolérance de 1% en ce qui concerne le dépassement, serait acceptée. Un petit ballon d’oxygène pour certains producteurs. Une mesure qui « discrédite la maîtrise de la production » commente la Confédération Paysanne dans un communiqué, visant la FNPL (producteurs) et la FNCL (coopératives). Pas franchement pour, non plus les industriels privés, qui préfèrent être « obligés » d’acheter du lait moins cher ailleurs, comme en Allemagne, explique un observateur. La décision prend en fait une valeur symbolique plus qu’elle n’aura de conséquence sur l’équilibre du marché. Et cela dans un contexte de sous-réalisation chronique du quota français pour la campagne 2009/2010. Tandis que Bruno Le Maire doit aussi prendre la décision de poursuivre ou non le gel de l’augmentation du quota laitier de 1% décidé par Bruxelles et soumis au choix des États membres. On se souvient qu’avec la profession, Michel Barnier avait fait pour la France, le choix du gel. Il y a quelques jours le gouvernement publiait le décevant résultat du commerce extérieur français. Il pointait la baisse notoire et brutale de l’excédent agro-alimentaire, y compris pour les produits laitiers. Toute mesure allant dans le sens d’un regain de compétitivité pour l’exportation sera sans doute étudiée avec intérêt. De même qu’en cette fin de campagne (...laitière), le sort des 6 000 producteurs apporteurs de lait à Entremont et promis à Sodiaal.