
En 2009, vous avez parfois été accusés d’une trop grande discrétion ?
La FDSEA n’a pas voulu jouer la stratégie facile d’une surenchère syndicale. Il vaut mieux quelques fois se taire, plutôt que de se lancer sur des discours basés sur la peur. En ce qui nous concerne nous voulons toujours participer à des débats dans le respect mutuel, avec la volonté de sortir les agriculteurs par le haut.
On vous attendait tout de même plus présents sur les grands dossiers ?
Peut-être n’avons nous pas su expliquer le travail de fond que nous avons réalisé. Je reviens sur l’accord du prix du lait du 3 juin. Sans doute n’était-il pas totalement satisfaisant, mais sans cet accord qu’en serait-il advenu du prix payé aux producteurs ? Car il ne faut pas oublier que nous sommes restés nettement au-dessus des autres pays européens. Et aujourd’hui nous disposons d’une base qui donne plus de lisibilité pour fixer le prix du lait, au travers des 3 critères (Prix de l’année précédente, indice économique, indice de saisonnalité).
De même en porc, même si là encore nous ne pouvons nous satisfaire du prix payé, je reste persuadé que la pression permanente a évité que les cours ne s’effondrent en dessous de l’euro. Ce qui ne veut pas dire que nous ne comprenons pas la détresse des éleveurs. Et c’est d’ailleurs pourquoi nous nous sommes battus pour le plan de soutien qui, s’il ne règle pas tout, permet de tenir en attendant des jours meilleurs.
Je rappelle aussi que nous avons été mobilisés depuis l’été sur le dossier des algues vertes. Le département a été leader pour faire des propositions constructives.
Et pour 2010 quelles sont vos priorités ?
Nous allons continuer à travailler sur les grands dossiers qui doivent permettre de déboucher sur des solutions pour apporter plus de sérénité aux agriculteurs. La Loi de modernisation agricole doit nous donner de nouveaux moyens pour sécuriser les revenus. Ainsi la contractualisation ne doit pas être synonyme d’intégration, mais s’insérer dans une démarche de régulation et de maîtrise de la production. Par contre la régulation franco-française n’est pas acceptable. D’autres dossiers vont aussi nous mobiliser : la réforme de la PAC à l’horizon 2013, la place de l’agriculture au sein de l’OMC, le partage des marges et la maîtrise des charges à tous les niveaux, y compris dans les services.
Pas de répit donc pour l’action syndicale ?
Non, je rappelle qu’en 2009 nous avons comptabilisé 60 jours de manifestations dans tous nos domaines d’activités. Et je n’oublie pas l’implication de nos responsables sur toute l’année dans toutes les sections de production, mais aussi dans nos sections dites sociales : en fiscalité, emploi, formation, fermiers… Pas toujours très spectaculaire, mais indispensable pour la défense des agriculteurs. Il reste toujours à faire. Ainsi par exemple, tant que le dossier Entremont Alliance n’est pas solutionné, nous restons très attentifs. Il concerne un nombre important de producteurs dans le département.
Propos recueillis par
Pierre Dénès