Ce n'est un secret pour personne : l'installation, en porc, est un sacré challenge. En moyenne, il en coûte 407 800 euros, au repreneur, pour une installation en individuel. À la clé, la rentabilité est plus que jamais soumise à variations. "Malgré une situation de marché particulièrement dégradée depuis 2007, la rentabilité moyenne constatée est de près de 6 % sur 10 ans", indiquait Gwénola Floc'h-Penn, de la Chambre d'agriculture du Finistère, vendredi 19 lors du Forum d'Aveltis.
Bien évaluer
En amont de l'installation, l'évaluation de la valeur du bien à reprendre, en premier lieu, est primordiale, à l'aide d'un diagnostic "points forts / points faibles" de l'entreprise et de son secteur. Une phase de diagnostic qui ne doit pas faire l'impasse sur le fait que
la réglementation évolue constamment. "Il faut l'anticiper, en regardant si l'entreprise a par exemple le potentiel de développement en terme de plan d'épandage", a au passage noté Franck Lannuzel, d'Aveltis Landivisiau.
Outils financiers
Vient ensuite la phase de montage financier en elle-même, pour laquelle de nouveaux outils se font jour : les donations dans cadre de la loi Tepa, par exemple, facilitent les transmissions familiales. D'autres options existent : le crédit vendeur, l'apport de capital par le biais d'organisations de producteurs (de façon minoritaire et temporaire), la constitution d'une holding avec apport de capitaux extérieurs… Une dernière possibilité qui implique, certes, d'oublier le concept classique de l'exploitation agricole en vue d'envisager un schéma autre.
Prospective baissière
Amélioration des transmissions sociétaires, recherche de nouvelles formes d'apports de capitaux… Autant de pistes à creuser, en effet, pour Hugo Papaïconomou, de la Chambre d'agriculture du Morbihan, qui présentait aux jeunes d'Aveltis les résultats d'une prospective sur la production porcine en Bretagne. D'après cette simulation, la production pourrait fléchir de 5,6 % à l'horizon 2020, par rapport au niveau de 2007. L'objectif de l'étude est de faire émerger des recommandations, pour l'amont et l'aval, afin de conforter la compétitivité de la filière.
Anne-Laure Lussou
Photo : Aveltis, 900 adhérents sur l'Ouest
Aveltis est la toute nouvelle union des coopératives bretonnes LT, PBO et Pigalys, à laquelle la section porcine de Terrena adhère également. Le tout représente 900 adhérents dans le Grand Ouest, soit plus de 3 millions de porcs charcutiers, 140 000 truies et 30 000 reproducteurs, ce qui fait d'Aveltis le deuxième groupement de l'hexagone.