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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Porcs | Article n°10435 |
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Marché du porc / Les éleveurs veulent peser plus - Passer de 60 000 à 100 000 porcs par semaine
 

Alors que la conjoncture s’améliore, le syndicalisme veut enfoncer le clou sur la mise en marché. « Les responsables du  MPB ne sont pas en cause, mais son fonctionnement ne convient plus et ne permet plus au maillon production de jouer pleinement son rôle,  explique d’emblée François Valy, président de la section régionale porcine.  Mais  le nombre de porc au catalogue est insuffisant pour un rapport de force équitable entre l’amont et l’aval ».


Chercher plutôt qu’acheter


Seulement 15 % de la  production passe au cadran. « Certains abatteurs ont 85 % de leur approvisionnement assuré en direct. Ils ne viennent plus au marché acheter du cochon, mais assurer un complément », explique pour sa part le Costarmoricain Paul Auffray, secrétaire général de la Fédération nationale porcine. C’est pourtant ce complément qui fait la référence du prix pour tous les éleveurs. Ce qui devient insupportable pour les syndicalistes.
Egalement mis en cause, la multiplication des chartes qualités depuis le début des années 2000. « Louables dans leurs intentions de départ pour un objectif affiché de qualité, elles ont au final conduit à une grande opacité et au final tiré le prix vers le bas, note Didier Lucas, président de la section porcine de la FDSEA 22. Surtout lorsque l’on sait que ceux qui exigent ces critères de qualité n’hésitent pas à s’approvisionner à l’extérieur quand bon leur semble ».
Les responsables ne voient pas d’autre solution que d’amener plus de porcs au cadran pour équilibrer le rapport de force entre vendeurs et acheteurs. « Il faudrait passer de 60 000 porcs/semaine à 100 000 porcs/semaine (25 % de la production)». Michel Bloc’h, président du groupement porc de Coopagri, et de l’UGPVB plaide depuis plusieurs mois dans le même sens. Et s’est engagé à faire en sorte que son groupement mette plus de porc  au cadran. Mais il est évident que certains autres responsables en filière, ou ayant des accords d’approvisionnement avec les abatteurs cultivent le paradoxe d’affirmer vouloir le maintien d’un site de cotation (le MPB) tout en refusant de voir  les porcs de leurs adhérents s’y présenter.


Aux éleveurs d’agir


Les syndicalistes veulent donc convaincre les éleveurs de forcer un peu la main aux responsables de leurs groupements, et de les obliger à présenter leurs porcs au cadran. « C’est un droit pour chaque éleveur, car tant que les porcs sont dans les bâtiments, ils lui appartiennent. Il a donc toute liberté de demander une vente par l’intermédiaire du cadran », martèle Paul Auffray.
Et c’est donc sur le terrain que les FDSEA ont décidé de porter le débat. Ils organisent des réunions dans les départements. Dans le Finistère, 5 réunions (une par arrondissement) ont rassemblé plus de 250 éleveurs, en Côtes d’Armor, jeudi dernier une réunion a réuni près de 200 personnes, une réunion est programmée le 2 mars à Kerguéhennec dans le Morbihan. Emile Riou, président de la section porcine du Finistère explique qu’il s’agit lors de ces réunions de rappeler aux plus jeunes « le rôle et l’intérêt d’un outil créé par la profession qui a déjà près de 40 ans d’existence ». Mais aussi de mettre en évidence les éléments qui ont conduit à ce qu’il considère comme un dysfonctionnement : « les chartes qualité en trompe l’oeil, la concentration des outils d’abattage, le manque de pouvoir des éleveurs en filière totale, sur la fixation du prix … ».
Jean Michel Serres conclut : « Il en va aussi de la solidarité et de la responsabilité des éleveurs. Car ce sont toujours les mêmes éleveurs apporteurs au cadran, qui supportent en période de crise les délais d’enlèvement les plus longs, acceptent de faire des invendus… »

Pierre Dénès


Photo : Paul Auffray, secrétaire général de la Fédération nationale porcine, Didier Lucas, président de la section porcine 22, Emile Riou, président de la section porcine 29 et François Valy, président de la section porcine de la FRSEA, de gauche à droite.


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Date de l'article : semaine du N° du 26 Février au 4 Mars 2010
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