
Ce n'est pas que les activités sont en baisse, au sein de Breizh bovins croissance. "Nos trois premières années ont été équilibrées, avec un nombre de contrats en stabilité autour de 350", conforte le directeur, Alain Kergourlay. Le souci, ce sont les perspectives de la filière viande : "la pyramide des âges ne nous est pas favorable. Les éleveurs pionniers chez nous, dans les années 75 – 80, vont partir à la retraite et en contrepartie les installations se font rares." Conséquence, pour Breizh bovins croissance : une baisse prévisible d'activité, d'où le besoin impératif de se faire connaître auprès des non adhérents, qui connaissent parfois mal la structure.
Pas une affaire de sélectionneurs
Un recadrage qui passe, entre autres, par une rectification de l'image de Breizh bovins croissance. "Avant, c'était surtout les sélectionneurs qui adhéraient. Or nous voulons vraiment nous adresser à l'ensemble des éleveurs de vaches allaitantes, en montrant qu'adhérer au contrôle de performances est rentable", insiste le président Daniel Commault. Pour les responsables, l'idée est de montrer que l'investissement est rapidement rentabilisé grâce à l'amélioration de ses résultats : ainsi, en JB, un suivi des croissances permet d'avoir des repères et d'ajuster ses durées d'engraissement. "Actuellement, il y a 5 à 6 mois d'écart de durée d'engraissement sur les JB sortis abattoirs. C'est un gâchis total !", souligne Alain Kergourlay. Le contexte actuel rend en effet impérative la nécessité de sortir ses JB dans des délais raisonnables. "Intervalle vêlage-vêlage, mortalité, poids de naissance… il y a des marges de progrès à tous ces niveaux", renchérit Pierrick Messager, animateur.
Offre renouvelée
Outre sur son image, Breizh bovins croissance a aussi retravaillé son offre de services afin de la rendre plus attractive et diversifiée. Ainsi, une offre d'appel pour les nouveaux éleveurs permet de bénéficier d'une réduction de 50 % (forfait élevage + animal introduit + conseils) la 1ère année, et de 25 % la 2ème. Par ailleurs, les adhérents peuvent opter pour une formule pesées – pointages seuls, pour une formule pesées – pointages et conseils (trois niveaux distincts) ou pour une formule conseils seuls. Enfin, pour une première approche, un service "état des lieux" sans engagement est aussi proposé. Après pesée d'un lot, le technicien et l'éleveur peuvent identifier ensemble des voies d'amélioration. À noter que des conseils "en groupe", à 4 ou 5 éleveurs, ont aussi été initiés.
Et il n'y a pas que la viande : Breizh bovins croissance développe aussi ses activités en génisses laitières. La crise laitière a rendu la prospection difficile en la matière. "Et pourtant, souligne Alain Kergourlay, là aussi il y a des gains possibles, notamment chez les plus jeunes éleveurs, dans les taux de renouvellement, les poids des génisses… Les peser donne des points de repère. Et c'est avec des bonnes génisses qu'on peut envisager du vêlage 24 mois."
Anne-Laure Lussou
Note : Breizh bovins croissance organise prochainement un temps fort, avec la remise des sabots d'argent à trois éleveurs bretons dont Monique Jannès, de Saint-Evarzec (29). La remise des prix se fera sur son exploitation, le 10 mars.
Photo : Les président et directeur de la structure, Daniel Commault et Alain Kergourlay.