
Difficile de se faire une idée du nombre d’agriculteurs ayant investi dans la production d’énergie photovoltaïque. EDF qui a l’obligation de racheter cette électricité ne discrimine pas ces fournisseurs en fonction de leur secteur d’activité et n’est donc pas en mesure de fournir une évaluation du poids de l’agriculture. Selon les dernières estimations établies par le Syndicat des énergies renouvelables (SER), la production française s’élevait à 270 mégaWatts (MW) au 31 décembre 2009. 69 MW sont installés dans les Départements et Territoires d’Outremer et 80 MW seraient issus des milieux agricoles et industriels. Une progression très importante par rapport aux derniers chiffres arrêtés au 30 septembre 2009, qui faisaient état d’une puissance de l’ensemble du parc photovoltaïque français raccordé au réseau de 175 MW. La baisse annoncée des tarifs de rachat par EDF a donc fait bondir le nombre d’installations. Les centrales comprises entre 10 et 100 kW (ce qui englobe la plupart des installations du milieu agricole) représentent 6 % des systèmes photovoltaïques en service et 31 % de la puissance installée. Les régions les plus ensoleillées (zones Ouest, Méditerranée et Rhône-Alpes Bourgogne) totalisent 71 % du nombre d’installations raccordées au réseau pour 69 % de la puissance.
De nouveaux opérateurs
En dehors des grandes installations « médiatiques » portées par des coopératives comme la centrale de 2300 m2 installée fin 2008 par le groupe Terrena sur la toiture d’un de ses bâtiments à Ancenis (44), les agriculteurs investissent individuellement ou à plusieurs dans des projets généralement de petite taille (inférieur à 36 kWc). Pour les aider à monter leurs projets, ils passent parfois par les chambres d’agriculture peuvent aussi s’appuyer sur des entreprises spécialisées. En plus de ces initiatives portées par des exploitants, d’autres solutions existent avec de nouveaux opérateurs qui font leur apparition sur le marché.
EDF ENR (Energies nouvelles réparties), par exemple, propose aux agriculteurs la construction d’un hangar photovoltaïque à partir d’un euro par jour pendant 20 ans (selon le taux d’ensoleillement annuel de la région, l’exposition du bâtiment…). Le dispositif permet à la filiale de l’énergéticien français d’exploiter pendant 20 ans l’électricité produite par la centrale solaire et à l’agriculteur d’utiliser le hangar pour entreposer son matériel agricole ou son fourrage. Passé ce délai, l’exploitant en devient propriétaire et peut vendre lui-même son électricité.
Photo : Certaines sociétés proposent la construction d’un hangar photovoltaïque à partir d’un euro par jour pendant 20 ans et l’exploitation directe de la production d’électricité.
Un système pour prévoir la production d’énergie
éolienne et bientôt solaire
La production de l’énergie éolienne en France est désormais suivie en temps réel, et fait l’objet de prévisions pour le lendemain, grâce à un calculateur mis en place à Toulouse par Réseau de transport d’électricité (RTE), a annoncé le 18 février la direction de la filiale d’EDF qui gère le réseau de transport d’électricité. « Ipes » (Insertion de la production éolienne dans le système) permet la gestion au plus près des flux d’électricité en suivant et en prévoyant la production éolienne dans toute la France. Le dispositif est alimenté toutes les 6 heures par Météo- France, qui fournit la force des vents dans les zones où se trouvent les parcs éoliens pour les 24 heures à venir, et répercute ces informations dans les 8 centres de coordination de RTE. Un système similaire sera mis en place pour le photovoltaïque lorsque celui-ci tiendra une, place significative dans la production d’électricité en France métropolitaine (aujourd’hui moins de 1%).