
Les trois plates-formes de couverts végétaux, mises en place par la Chambre d'agriculture et des partenaires semenciers, avaient fait l'objet d'une première visite mi-novembre 2009. Le 19 février dernier, les agriculteurs ont à nouveau pu se rendre sur les sites de démonstration situés au Grand-Fougeray, à Etrelles et à Combourg. Ils ont pu constater de visu l'état de destruction des couverts par le gel, selon les espèces, et leur enracinement après lecture de profils culturaux.
La phacélie, n°1 de la structuration
Parmi les espèces les plus sensibles au gel, la moutarde blanche était complètement asséchée sur le site de Combourg. Cette plante offre plusieurs avantages : croissance rapide, étouffante, possibilité de semis avec peu de travail du sol. Son coût est modéré (30 euros/ha en semences certifiées). Deux fois plus chère, la phacélie aussi se détruit facilement grâce au gel, quand elle est semée tôt. C'est une des plantes les plus structurantes, mais elle est déconseillée en rotation avec légumes, car porteuse de sclérotinia.
Egalement implantée sur la plate-forme, l'avoine coupe le cycle du piétin échaudage. Cette plante très structurante se détruit mécaniquement. Plusieurs types de légumineuses ont aussi été testées à Combourg, en mélanges : trèfles (incarnat, alexandrie…) et vesce. Ces plantes ne sont autorisées en Bretagne qu'en culture dérobée. Leur destruction est généralement aisée.
De leur côté, le RGI et le RGH ne présentent un intérêt qu'en cas de valorisation par les animaux. Ces plantes peu structurantes sont en plus difficiles à détruire.
Les crucifères devront être réservés aux rotations céréalières. Le radis chinois se détruit facilement par roulage. Il est par contre plus difficile de se débarrasser de la navette.
"Les couverts végétaux piègent environ 25 kg d'azote par tonne de MS (c'est supérieur avec les légumineuses). 25 à 50% sont restitués rapidement dans le sol. Ils présentent aussi un intérêt pour bloquer le phosphore (8 à 10 kg/t de MS) et le potassium (30 à 35 kg/t de MS)", a souligné Stéphanie Montagne, conseillère cultures à la Chambre d'agriculture. Lors de la rencontre, elle a aussi présenté les grilles de calcul de la dose d'azote à apporter en maïs, céréales et colza d'hiver.
Agnès Cussonneau
Rappel Directive Nitrates 4
•La totalité des surfaces exploitées doit avoir un couvert végétal pendant la période de risque de lessivage : culture, dérobée, Cipan, repousses de colza (entre colza et blé). Après maïs grain : broyage des cannes enfoui superficiellement ou laissé sur place.
•Date limite de semis : 10 septembre après céréales – 1er novembre après maïs.
•Maintien jusqu'au 1er février minimum.
•Fertilisation interdite jusqu’à la destruction. Un épandage de fumier est possible à partir du 15 janvier.
•Traitement phytosanitaire interdit.
•Destruction mécanique obligatoire, sauf en légumes ou travail du sol simplifié. La destruction chimique reste interdite à moins de 10 m des bordures de cours d’eau, à moins de 1 m des fossés et sur les parcelles à risque élevé.
Légende photo : Visite de la plate-forme "couverts végétaux", le 19 février à Combourg.