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Pulvérisateurs / Du contrôle obligatoire au conseil
 

Depuis 8 ans, nous réalisons des contrôles de pulvérisateurs. Jusqu'en fin 2008, il s'agissait de diagnostics volontaires. Depuis 2009, nous sommes agréés dans le cadre du réseau Crodip Indigo* pour les contrôles obligatoires", explique Frédéric Bosseur, artisan-mécanicien au Cloître-Saint-Thégonnec (29). Pour cette activité, il a créé une nouvelle société CPB, bien séparée de la réparation, de la vente de matériel agricole et du libre-service de pièces.


Deux bancs de contrôle


"C'est la suite logique des diagnostics volontaires et un moyen d'élargir notre clientèle agricole" poursuit l'artisan. "Nous avons maintenant deux bancs de contrôle, adaptés à la nouvelle réglementation et installés dans des véhicules spécialisés. Les outils de mesure de nos bancs sont régulièrement contrôlés". Les deux agents travaillent, soit sur le site de l'entreprise, soit en exploitation, soit dans les dépôts de coopérative ou du négoce, lors des opérations groupées. Le planning de rendez-vous est complété par Extranet, de manière intéractive.  
Un contrôle dure en moyenne de 1 heure 45 à 2 heures selon la largeur de rampe. Il démarre par un examen préliminaire qui détermine si le contrôle va pouvoir se dérouler ou pas. "D'un simple coup d'œil, on peut voir si les notions de sécurité de l'agent et de l'environnement sont réunies : protège-cardan sur prise de force, propreté de la machine, …", souligne Loïc Pérennès, l'un des contrôleurs. Avant d'intervenir, il installe des gouttières de récupération de l'eau pulvérisée, sous la rampe. Cette eau retourne ensuite dans la cuve, pour éviter tout rejet dans l'environnement.


Pression, filtres, buses


Le but de l'opération est d'analyser si la pulvérisation fonctionne bien ou pas. Un contrôle visuel permet de voir s'il y a des fuites au niveau de la cuve, de la pompe, des rampes. La pulvérisation est-elle homogène dans les tronçons ? La pression reste-elle identique au manomètre, après coupure des tronçons ?  "Mon premier objectif est de savoir si un mauvais fonctionnement vient du manomètre ou de la rampe", ajoute Loïc.
Des manomètres sont ensuite installés sur chaque tronçon, pour vérifier l'éventuelle hétérogénéité de la pression. "J'examine l'état des filtres et leur calibrage par rapport au débit. Certains pulvérisateurs sont équipés d'un filtre par buse, une partie des défauts de pression est liée à ce montage. Il est préférable d'avoir un filtre par tronçon", estime l'agent.
Les buses sont ensuite contrôlées une par une, au banc, pour déterminer si le débit correspond bien à la norme constructeur, à une pression donnée. "Si elle sort de la marge de tolérance, elle est écartée", précise François Mingam, contrôleur. "Ce défaut est peu fréquent car les buses sont en général récentes". Par contre, un mauvais rinçage du pulvérisateur peut entraîner un colmatage des buses.


Des contrôles toute l'année


Le coût d'un contrôle est fonction de la largeur de la rampe : autour de 200 euros pour une largeur de 18 m. "Mon but est de faire du contrôle toute l'année sur tous types d'appareils (rampes, pulvérisateurs arboricoles ou sous serre)", déclare l'artisan.
Quels risques en cas de non-contrôle ?  L'agriculteur peut avoir des amendes de classe 4 (750 euros  pour un 1er contrôle et plus si récidive). Au niveau de la conditionnalité Pac, des MAE phytos, il peut aussi y avoir des conséquences, avec éventuellement 1% de perte de primes.
Patrick Bégos




 


Un parc de pulvérisateurs hétérogène


L'hétérogénéité du parc de pulvérisateurs ne dépend pas de l'âge. Des pulvérisateurs anciens correctement entretenus fonctionnent bien, ce n'est pas toujours le cas des pulvérisateurs récents. D'où l'intérêt du contrôle, lors d'un achat en neuf ou en occasion, pour obtenir la pastille verte. Un contrôle équivaut à 40 euros par an, c'est peu quand on compare au coût des produits phytos (de 5 000 à 10 000 euros par exploitation et par an). Le contrôle est d'autant plus nécessaire que l'on souhaite aller vers des techniques plus pointues comme la réduction de dose. 





Des conseils en plus
Après le contrôle, l'agent est souvent sollicité pour des conseils, qui équivalent presque à une seconde mise en route de l'appareil. Pour telle quantité d'eau/ha et tel type de buse, quelle pression et quelle vitesse faut-il avoir ?  "Les réglages n'ont pas été suffisamment expliqués. Certains agriculteurs sont demandeurs de conseils pratiques sur le type de buse, les ZNT, le volume d'eau/ha, l'influence de l'hygrométrie", déclare Frédéric Bosseur. Ils s'interrogent aussi sur la préparation du pulvérisateur pour l'hiver. "Il n'est pas souhaitable de le purger, mais d'y mettre un produit spécifique pour garder le circuit en eau et éviter les futures fuites", répond l'artisan.






Légende photo : Après avoir réalisé des diagnostics volontaires depuis 8 ans, Frédéric Bosseur (au centre) s'est engagé dans le contrôle obligatoire des pulvérisateurs avec deux salariés Loïc Pérennès, (à gauche) et François Mingam.  

 



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Date de l'article : semaine du N° du 26 Février au 4 Mars 2010
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