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Gérard Jéhannin à Bréal-sous-Monfort (35) / "Une économie de gaz de 50 % et de meilleures performances"
 

En ventilant mes poulaillers, je rejetais de l'air chaud. Pourquoi ne pas récupérer ces calories ? ", s'est demandé Gérard Jéhannin, éleveur à Bréal-sous-Monfort. Les contacts engagés au Space 2008 lui ont rappelé la ventilation de sa maison. "Depuis 25 ans, nous avons une VMC double-flux qui permet de récupérer les calories de l'air sortant. J'ai cherché à utiliser le même principe pour mes 2 poulaillers (2 400 m2) où je produis des poulets Princior pour le groupe Glon-Sanders".


Une grande surface d'échange


Les échangeurs de faible capacité, répartissant moins bien l'air réchauffé, n'ont pas séduit Gérard. "L'échangeur de chaleur Plettenburg m'a intéressé pour sa surface d'échange". C'est un appareil hollandais en place depuis 3-4 ans dans les élevages des Pays-Bas, d'Allemagne et de Belgique. L'appareil est imposant (9 m de long).
Comme fonctionne-t-il ? L'air extérieur est aspiré au travers d'un filtre par un ventilateur et se déplace dans la section d'échange thermique constituée d'un grand nombre de canaux. L'air frais est ainsi réchauffé par l'air vicié du bâtiment sans qu'il n'y ait de mélange possible. Cet air réchauffé est introduit dans les poulaillers et se répartit par un système de tuyaux en PVC (diamètre 200 mm) percés de trous. Les 2 tuyaux d'une longueur de 80 m sont montés sur treuil et apportent l'air frais réchauffé à hauteur des poussins. "Cette répartition au plus près des animaux est intéressante", explique Gérard. La capacité d'échange de l'appareil est importante (16 800 m3/h), ce qui permet de récupérer 80 % des calories de l'air sortant.


Durant tout le lot


"Je fais fonctionner l'appareil du 1er au dernier jour du lot, en démarrant à 10 % pour arriver à 100 % de la capacité vers 15 jours. Cette pleine capacité est maintenue jusqu'au 22ème jour puis elle décroit progressivement jusqu'à 30 % en fin de lot (50 jours)". Toutes ces informations sont intégrées dans le boîtier de régulation.
"J'ai investi dans un seul appareil qui a été placé entre les deux poulaillers, distants de moins de 10 m (distance maximale)", explique Gérard. Son coût actuel est de 65 000 euros. Il est éligible au PPE (plan de performance énergétique : 40 % d'aides avec un plafond de 16 000 euros). "Les frais de maintenance sont très faibles et le lavage de l'appareil, à la pompe à haute pression, me demande 1 heure, en fin de lot".


Gain de 7,5 t de gaz


Depuis la mise en route de l'échangeur, 4 lots de poulets Princior ont été élevés. "L'ambiance est meilleure et plus homogène (pas d'ammoniac ni d'odeurs), les litières sont plus sèches", déclare Gérard. "L'air entrant est réellement réchauffé. Ainsi, pour une température extérieure de  - 5°C, une température intérieure de 26-27 °C, l'air entrant était à 20 °C. L'échangeur capte bien les calories de l'air sortant".   
La consommation de gaz s'en ressent. "Nous avons comparé les consommations avec des éleveurs voisins pour des poulaillers identiques, une même type de production, même date de démarrage. La consommation est ici inférieure de plus de 50 %". En tenant compte des frais supplémentaires d'électricité de 60 à 80 euros/lot, on peut considérer une baisse de la facture énergétique de 50 %. "Pour moi, c'est l'équivalent de 7,5 t de gaz en moins soit près de 5 000 euros par an".


5 ans pour amortir


Il faut y rajouter l'amélioration des résultats techniques. "L'amélioration des GMQ nous a fait gagner une journée d'élevage pour un même poids en femelles. Le gain de marge PA est au minimum de 0,50 euro/m2/lot soit 2,70 euros/m2/an. Dans ces conditions, le délai de retour sur investissement sera inférieur à 5 ans", résume l'éleveur. 
"Pour un investissement de 65 000 euros et une aide PPE de 16 000 euros, on peut considérer un retour sur investissement légèrement supérieur à 4 ans pour un gain de marge PA de 0,50 euro/m2/lot et inférieur à 3 ans si le gain de marge PA est d'1 euro/m2/lot", ajoute Yves Bondiguel de Sodimel. L'échangeur Plettenburg peut aussi refroidir le poulailler durant l'été.
Patrick Bégos



Un éclairage meilleur et plus économique
Dans un poulailler, l'éleveur a aussi monté des lampes Agrilight, basse consommation. Pour un poulailler de 1200 m2, la consommation des néons standards est d'environ 8500 Kw, celle des lampes Agrilight de 3000 Kw, soit 3 fois moins. Elles éclairent à 25 m d'où une répartition très régulière des lux au sol, dans tous les coins du poulailler, sans zones plus ou moins éclairées. La régulation de l'éclairage va de 100 % à 3 %. Ces lampes respectent le minimum d'éclairage requis par la réglementation européenne bien-être des poulets. 






Légende photo : L'échangeur de chaleur Plettenburg (9 m x 2,45 m) a été placé entre les 2 poulaillers. Sa grande surface d'échange lui permet de bien capter les calories et de les restituer à l'air entrant.

 



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Date de l'article : semaine du N° du 26 Février au 4 Mars 2010
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La révolution rurale des années 60





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