
A l'occasion de leur assemblée générale le 12 février à Saint-Grégoire, les responsables de la Coordination Rurale d'Ille-et-Vilaine ont invité Pascal Cousté, représentant breton de l'Apli (Association des Producteurs de Lait Indépendants). Les deux structures participent à l'EMB (European Milk Board) qui fédère des éleveurs laitiers d'une quinzaine de pays européens. L'OPL (Organisation des Producteurs de Lait), branche laitière nationale de la Coordination rurale, y adhère depuis 2007. En 2009, la Coordination rurale et l'Apli se sont fortement impliqués dans la grève du lait. "La CR35 veut réaffirmer son engagement dans le combat européen pour un prix du lait équitable", précisent les responsables du syndicat.
"Pour 25% des éleveurs, le prix de revient est de 370 euros. Ils ne pourront pas tenir avec un prix du lait inférieur à 300 euros. Veut-on connaître une restructuration en lait comme celle qu'on a vécu en porc ?", demande Pascal Cousté. Eugène Baratte, président de la Coordination Rurale 35, cite en exemple le modèle canadien, même s'il n'est pas totalement transposable en France. "Ce sont les éleveurs qui établissent le prix à partir des coût de production".
Gérer les volumes au niveau européen
Pour pouvoir prendre part aux négociations sur le prix, l'Apli développe actuellement l'office du lait, "qui représente aujourd'hui 20% des producteurs laitiers. De nouveaux producteurs doivent nous rejoindre pour pouvoir peser davantage". L'Apli souhaite mettre en place une interprofession française en parallèle à celle déjà existante.
"Quand différents offices du lait seront structurés à l'échelon des pays (chacun ayant une culture différente), nous pourrons créer une interprofession européenne, dans le cadre de l'EMB, qui gérera les volumes. Aujourd'hui, il faut raisonner "marchés". Les litrages doivent y être adaptés", déclare Pascal Cousté qui souhaite voir l'office européen aboutir avant 2013.
Lors de l'assemblée générale, Eugène Baratte a par ailleurs dénoncé la demande de réactivation du dispositif des prêts de quotas par le CAD (Conseil Agricole Départemental). "Une libération des volumes de 2% ne représente pas beaucoup pour un producteur. Et elle est inconcevable, alors que le lait n'est même pas payé à son juste prix. Les producteurs ne souhaitent pas produire plus pour gagner moins". Le président de la Coordination Rurale 35 souhaite par ailleurs voir les responsables politiques jouer un rôle dans la régulation des volumes.
Agnès Cussonneau
Photo : De gauche à droite : Yves Georges, secrétaire de la Coordination Rurale 35, Eugène Baratte, président, et Pascal Cousté, représentant breton de l'Apli.