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Finistère (29)
Homéopathie en élevage bovin / Une autre approche de la santé animale
 

L’homéopathie, on y croit ou on n’y croit pas. Pourtant, cette technique médicale n’a rien à voir avec quelque croyance ou mythe. Depuis deux siècles, l’Allemand Samuel Hahnemann a posé les principes de cette médecine qui s’appuie sur un trépied : la similitude, l’infinitésimalité et la globalité.
Autrement dit pour soigner le mal, on utilise le « poison » lui-même à très petite dose. L’exemple le plus pédagogique en homéopathie, c’est la piqûre d’abeille que l’on soigne avec de l’abeille vivante (Apis mellifica) en très très faible dilution ; le produit utilisé pouvant varier en fonction des réactions de l’individu à la piqûre de l’insecte.


Bien observer l’animal


Ce qui marche sur les humains, marche aussi sur les animaux. Le traitement le plus connu par les éleveurs allaitants est l’Orotar®, un cocktail homéopathique utilisé pour tarir les vaches qui ont perdu leur veau ; en élevage laitier le Vrombyl® fait partie de ces préparations utilisées pour vidanger l’appareil génital de la vache après vêlage.
Reste que, si le recours à ce type de cocktails participe à utiliser moins de médicaments, il ne réduit pas forcément les coûts, autre argument avancé par les éleveurs. D’où ces formations, initiées par la Chambre d’agriculture depuis 2003. « Un passage indispensable », selon Pascal Chaussec, d’Edern, et Maryvonne Le Berre, de Gourlizon, qui font partie de ces éleveurs finistériens qui pratiquent l’homéopathie dans leurs élevages de laitières.
Pour ces deux éleveurs, la clé de la réussite homéopathique, « c’est l’approche, l’observation de l’animal et l’analyse. En utilisant la loi de Hering, incontournable en homéo, on s'oblige à détecter et à classer les faibles signaux que nous envoie l'animal. C’est contraignant au début, mais instinctif avec l’expérience ».
Pascal Chaussec résume : « L’allopathie, c’est simple, cher et efficace ; l’homéopathie, c’est compliqué, pas cher et pas toujours efficace ». Et d’insister sur « l’intérêt d’utiliser les granules de base nettement moins chers que les formules homéopathiques préparées dont le prix s’aligne souvent sur celui de l’allopathie ». À titre d’illustration, Pascal Chaussec qui fait ses mélanges lui-même affiche, en moyenne sur les deux dernières années, 18,5 euros de frais vétérinaires par UGB (tous médicaments confondus).


Des résultats parfois spectaculaires


L’éleveur d’Edern rappelle qu’il n'y a pas opposition entre allopathie et homéopathie. « On a recours aux deux méthodes, d’autant que l'homéo peut aussi renforcer l'efficacité de l'antibiothérapie. Il semble qu'on agit plus en profondeur avec l'homéo. Exemple, j'ai des vieilles vaches qui me faisaient une mammite de manière récurrente tous les 2-3 mois, toujours dans le même quartier. Quand le traitement homéo fonctionne, je n'ai plus de récidive. Cette observation est confirmée par plusieurs collègues ».
La mise en œuvre en apaprence compliquée de l’homéopathie ne doit pas effrayer tous ceux qui voudraient s’y pencher. « On enregistre des résultats parfois spectaculaires, plus difficiles à atteindre avec l’allopathie ». Exemple ? « Le traitement des mammites colibacillaires », citent les éleveurs. « À condition de réagir vite, de renouveler le traitement souvent (toutes les 10 mn au début) ». Avec cette bonne surprise : « Le lendemain, tu ne sais même pas que la vache a fait une mammite colibacillaire ». Et c’est bien le résultat qui compte…

Didier Le Du


 


Photo : Le mélange se pulvérise dans la gueule de l’animal, sur son mufle ou sur les muqueuses vaginales.

 






Exercer son esprit d’observation


Premier conseil d’éleveurs : « Comme pour toute chose un peu complexe, il faut être persévérant et s'entraîner régulièrement si on veut être efficace ».
Beaucoup d’observation, beaucoup d’analyse : « l’homéopathie, c’est beaucoup d’investissement en matière grise et peu en matières blanches (1,80 euro le tube de 75 granules)». Pour envisager de soigner par homéopathie, il faut accepter de passer du temps à observer ses animaux. Observer  avec méthode : « S’agit-il d’une jeune vache ? D’une vieille ? Quel est son historique ? Est-elle costaud ou plutôt fluette ? Beugle-t-elle souvent et comment ?, etc. ». Autant de questions qui aident l’éleveur à diriger ses choix vers le « produit » ad hoc à utiliser.
Aujourd’hui, un noyau d’éleveurs souhaite mettre un forum d’échanges en place. Le deal des internautes étant d’informer ses collègues sur ce qui marche et d’échanger ses pratiques. « Car chacun a un peu ses spécialités acquises par l’expérience ». Et les éleveurs d’ajouter : « Sans avoir la prétention de tout faire, l’homéopathie participe à notre souhait de se sentir pleinement acteur de notre métier d’éleveur ».


 






Des exemples de traitement

Toujours difficile de donner des recettes en homéopathie sachant que l’observation de l’animal et la notion d’individu est la base du traitement. Voici cependant, à titre d’illustration, huit traitements employés par quelques éleveurs finistériens.
La technique consiste à diluer 8/10 granules dans un demi-litre d’eau et de pulvériser sur le mufle, les muqueuses vaginales ou mettre dans la gueule de l’animal (pourquoi pas en parfumant avec du sirop de pomme pour que l’animal en redemande…).
• Mammite
- Colibacillaire (latéralité droite) : Phytolaca décandra (dilution 5 ou 7 CH) toutes les 10 mn.
- Grumeaux filandreux : Kalium muriaticum + Echinacea + Pyrogenium.
• Effets indésirables suite à vaccination :
- Silicea 7 CH deux fois par jour pendant 4 jours dans bac à eau.
• Fièvre de lait
- En complément (renforce l’action) ou pas  d’une perfusion de calcium, pulvériser Calcarea phosphorica 5 CH  + Phosphorus.
• Boiterie
- Pyrogenium 9 CH pendant 5 jours + Hepar sulfur 9 CH pour aider l’abcès à mûrir (seulement si celui-ci évolue vers l’extérieur).
• Prévention grippe bovine
- Influenzium, Thymuline, ARN-ADN, Eupatorium perfoliatum.
• Problèmes respiratoires sur veau
- Antimonium tartaricum.
• Infection du nombril
- Silicea 5 CH



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Date de l'article : semaine du N° du 19 au 25 Février 2010
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Musée de l’école rurale de Trégarvan (29) / Au porte-plume et à l’encre violette





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