
Le semis à une période optimale, est souvent un compromis entre le calendrier et le ressuyage du sol. La densité de semis permet au peuplement d’exprimer son potentiel de rendement, en fonction du rayonnement, des ressources en eau et en éléments minéraux.
Un minimum de passages
Le profil idéal est constitué d’un lit de semences d’une épaisseur de 10-15 cm présentant une structure assez fine, bien aérée, pour l’installation rapide des nodosités et une sous-couche de 30 à 50 cm bien structurée pour la pénétration du système racinaire. L’état de surface doit être plat, facilitant ainsi la récolte et sans grosse motte pour une efficacité maximale des herbicides de post-semis prélevée. Cette structure doit être réalisée en un minimum de passages, tant pour des raisons agronomiques qu’économiques. Aussi, la préparation du sol doit se faire en conditions les plus ressuyées possible. Toutes les techniques sont possibles pour obtenir ce type de profil ; labour, travail simplifié. Il est important de limiter le nombre de passages d’outils pour garder une bonne porosité du sol.
Semis précoce
Les semis précoces permettent d’avancer la floraison et d’échapper partiellement aux risques de déficit hydrique et aux premiers coups de chaleur. Cela se vérifie d’autant plus que le sol est peu profond. Toutefois, des levées longues avec des alternances de gel–dégel, des risques de battance dans les sols à risque d’excès d’eau peuvent affaiblir le peuplement. En sol profond et en bordure maritime, la priorité peut être donnée à une levée rapide et non à un semis précoce.
Un semis suffisamment profond
Les semis de féverole de printemps craignent moins le froid que les semis d’automne, mais pour des semis précoces de début février, il faut néanmoins semer à 6-7 cm de profondeur pour limiter le risque de gel en cours de germination. A partir du 20 février, on peut semer à 5 cm de profondeur. En pois, il est important de semer au moins à 4-5 cm de profondeur pour échapper aux dégâts d’oiseaux et assurer une bonne sélectivité des herbicides de pré-levée. Quel que soit le matériel utilisé pour le semis, aucune graine ne doit être visible à la sortie du semoir.
Avec un semoir classique, les réglages sont à adapter au travail profond. Sur un semoir combiné à un outil de travail du sol, la barre de semis doit être descendue pour pouvoir atteindre la profondeur souhaitée. Un semis lent est recommandé pour faciliter la pénétration des éléments semeurs. On peut utiliser une déchaumeuse à socs ou un cover crop. Après avoir réparti la semence avec un épandeur à rampe, ce mode d’enterrage de la graine permet de placer la graine à une profondeur suffisante mais avec plus de variabilité de la profondeur de semis.
Le semoir monograine garantit une profondeur de semis optimale et régulière à condition d’avoir un poids suffisant sur l’élément semeur et un sol préparé en conséquence. Son principal atout réside dans sa capacité à répartir précisément la semence sur le rang, ce qui permet une économie sur les doses de semis. Cependant, des écartements de plus de 40 cm couvrent moins vite le sol que de faibles écartements, d’où un risque accru de concurrence d’adventices. En revanche, ce type d’écartement permet le binage et peut s’envisager sans problème pour la féverole.
Le semoir à céréales (équipé d’une distribution adaptée aux grosses graines) peut être utilisé, mais nécessite de travailler à faible vitesse pour obtenir une profondeur de semis régulière (écartements possibles : de 17 à 35 cm).
Une densité adaptée pour optimiser le peuplement
La densité de semis doit permettre d’obtenir un peuplement en plantes viables qui optimise le potentiel agroclimatique de la parcelle. Le taux de pertes entre le semis et la levée peut varier suivant les conditions, de 5 à 15 %. En pois, la densité de semis pour toutes les variétés est de 70 grains/m², en bonnes conditions de date et de préparation. Pour les sols moins profonds, ou plus tardifs, semer 80 grains/m². Pour un PMG de 260 g par exemple, la dose de semis recommandée en kg/ha est de 180 kg/ha.
En féverole, on sèmera 35 grains/m², en bonnes conditions de date et de préparation du sol. Ajouter 5 graines/m² en sols moins profonds ou conditions moins favorables. Pour un PMG de 550 g et une densité de 35 grains/m², on sèmera 192 kg/ha.
Michel Moquet,
Arvalis, Institut du végétal
Distribution des semoirs : éviter la casse
Quel que soit le semoir utilisé, il faut semer doucement. Cela permet de préserver les graines et la distribution pour les semoirs à transport par gravité et limite les risques de bouchage des tuyaux pour les semoirs à transport pneumatique. De plus, pour ces semoirs, il faut à tout prix éviter les contre-pentes sur les tuyaux, surtout aux extrémités, quand le flux d’air est atténué par les pertes de charge. Sur certains semoirs mécaniques, pour pallier au problème de casse des graines de féverole, l’arbre de distribution peut être remplacé par un arbre spécial grosses graines disposant de doseurs constitués de grosses alvéoles en élastomère. Les semoirs pneumatiques équipés de cellules doseuses de type « Accord » semblent bien adaptés aux grosses graines (cannelures de grandes dimensions). Attention toutefois à certaines conceptions de semoirs pneumatiques où les sorties de distribution sont de section trop faible et deviennent alors sensibles aux bouchages.