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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Maïs | Article n°10404 |
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Maïs / Désherbage alterné mécanique - L'Opti'maïs aide à choisir une stratégie
 

L'objectif de réduction de 50 % de l'utilisation des produits phytosanitaires d'ici 2018 (Grenelle de l'environnement) ne pourra être atteint qu'en réintroduisant davantage d'agronomie dans la conduite des cultures. "Le désherbage alterné peut être une solution pour réduire la part de produits phytos en s'essayant aux techniques de désherbage mécanique tout en se laissant la possibilité d'effectuer un rattrapage chimique", explique Virginie Jourdan, de la Frab (Fédération régionale de l’agriculture biologique). Cette méthode doit être combinée avec d'autres solutions agronomiques comme l'introduction de nouvelles cultures dans la rotation, le choix de variétés résistantes, le décalage des dates de semis.


Démarrer par du mécanique ?


Avec 456 000 ha (fourrage et grain), le maïs concerne 17 000 exploitations bretonnes. Son désherbage est majoritairement chimique avec un IFT (indice de fréquence de traitement) moyen de 1,6. "Jusqu'à présent, le désherbage mécanique a été présenté comme une méthode complémentaire au traitement chimique. Pourquoi ne pas démarrer par un désherbage mécanique tout en laissant la possibilité d'un désherbage chimique en cas de difficultés ?", propose Charles Soulliot, du Gab d'Armor. 
Opti'maïs a été conçu comme un outil pour accompagner les agriculteurs dans leur démarche. Il est le fruit du travail conduit par le réseau gab/Frab de Bretagne avec des agriculteurs bio et non bio. "C'est le résultat de cinq années de recherche pour définir les densités d'adventices qui peuvent être tolérées sur une parcelle de maïs. Nous avons aussi accompagné plus de 80 agriculteurs non-bio qui ont introduit au moins un outil de désherbage mécanique dans leur itinéraire".
L'objectif est de donner plus d'autonomie à l'agriculteur dans la conduite du désherbage, en observant les adventices dans les parcelles, en connaissant leur seuil de nuisibilité et en définissant le seuil de tolérance d'adventices en fonction des résultats de rendement qu'il escompte. En maîtrisant ces seuils critiques de densité des adventices, l'agriculteur peut faire les meilleurs choix. Des guides pratiques Opti'maïs seront distribués par les GAB et des sessions de formation seront organisées pour expliquer son utilisation.


Comment ça fonctionne ?


Dans le guide Opti'maïs, l'agriculteur dispose de 5 fiches techniques : des conseils sur le rôle des rotations, sur les faux semis, puis une fiche par matériel de désherbage avec ses caractéristiques, les réglages et les conditions de réussite, les coûts, les trucs et astuces… pour les bineuses, la herse étrille, la houe rotative, le désherbage thermique.
"L'évaluation du risque d'infestation de mauvaises herbes se fait parcelle par parcelle", explique Charles Souillot. "D'abord par une grille d'évaluation agronomique en fonction du travail du sol (labour, non labour, faux semis), des cultures anté-précédentes et précédentes (prairie, culture sarclée ou céréales) et de la fumure (compost, fumier, lisier)". La note obtenue dans cette grille donne le risque d'infestation de la parcelle.


Des comptages


L'agriculteur dispose aussi d'un carnet de notation qui lui permet de réaliser ses propres observations sur les parcelles et de prendre la bonne décision d'intervention ou pas en fonction des adventices présentes et de leur développement, du stade du maïs et des outils de désherbage disponibles.
A différents stades, il réalise des comptages de mauvaises herbes à l'aide d'un cadre (25 cm x 40 cm) qu'il dépose à plusieurs endroits de la parcelle. Une visite de la prélevée au stade 2 feuilles permet de déclencher une première intervention de désherbage mécanique. D'autres visites sont effectuées aux stades 3-4 feuilles, 5-6 feuilles et 7-8 feuilles avant que le maïs ne couvre totalement le sol. Le type d'intervention est décidé en fonction des notations.

Patrick Bégos


Photo : Charles Souillot, du GAB d'Armor et Virginie Jourdan de la FRAB.




Qu'est ce qu'une parcelle propre ?
Cette notion est très subjective. L'objectif  "zéro adventice" dans la parcelle n'est plus cohérent face aux coûts financiers et environnementaux des interventions chimiques et mécaniques. Les adventices les plus préjudiciables sont celles présentes dès la levée du maïs. Les germinations à partir de 8 feuilles pénalisent moins. "La tolérance maxi se situe entre 5 et 10 % de perte de rendement pour une parcelle", estime C. Souillot. "Ce seuil a été retenu pour définir la densité d'adventices à ne pas dépasser, par mètre linéaire". Le stade de tolérance pour chaque adventice est différent. Les chénopodes sont les plus concurrentiels (à partir de 1 plante/mètre linéaire), suivis des renouées, des mercuriales et des morelles. 



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Date de l'article : semaine du N° du 19 au 25 Février 2010
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La révolution rurale des années 60





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