
Jusqu'à présent, les poulettes étaient majoritairement élevées au sol, comme les volailles de chair. Chez Philippe Carfantan à Hénanbihen (22), elles vont devoir s'habituer à la volière. L'éleveur a choisi ce système pour l'un de ses poulaillers, avec comme objectif de produire des poulettes qui mèneront ensuite leur carrière de pondeuse en volière.
Approvisionner le marché européen
Les Pays du nord de l'Europe se sont orientés vers la production d'œufs en volière, plutôt que vers la cage aux nouvelles normes bien-être 2012. En Allemagne, les œufs produits en cage pourraient même se voir interdire la vente en œuf coquille, dans les magasins. En France, l'œuf "volière" est peu présent et nos productions alternatives se sont plutôt orientées vers les systèmes de plein air, label et bio.
Le marché de l'œuf est de plus en plus européen avec beaucoup d'échanges entre pays. "Les centres de conditionnement nous sollicitent régulièrement pour les approvisionner en œufs issus de poules en volière", explique Thierry Legemble, responsable poulettes au Gouessant. "Nos débouchés étant très variés, nous avons la volonté d'être réactif à toute demande et nous avons complété notre gamme". Sur les 5,8 millions de poulettes produites par la coopérative, 2,2 millions sont en système alternatif, avec une faible proportion de poulettes élevées en volière.
La poulette est le premier maillon de la chaîne de production. Pour produire correctement dans un poulailler de ponte en volière, les poulettes doivent être élevées dans les mêmes conditions et habituées à sauter d'un niveau à l'autre. Une poulette élevée au sol aurait des difficultés à s’adapter à la volière.
Apprendre à sauter
"Après un voyage en Hollande et en Allemagne, j'ai fait le choix d'aménager l'un de mes poulaillers en volière pour poulettes", explique Philippe Carfantan. Il exploite au total 5 200 m2 en production de poulettes. "J'ai repris ce poulailler de pondeuses en 2001 et après quelques aménagements, j'y ai élevé des poulettes au sol, pendant 8 ans. Pour diversifier ma production et mes débouchés, j'ai fait le choix de mettre en place une volière Vencomatic". Ce bâtiment de 1 200 m2 abritera désormais 30 000 poulettes par bande.
L'objectif de la volière est d'apprendre aux poulettes à sauter et à se percher. Elle comprend des plateaux dont on augmente la hauteur, à l'aide d'un treuil, en fonction de l'âge des animaux. De 0 à 4 semaines, les poulettes sont sur caillebotis, puis, elles disposent de l'ensemble du poulailler. L'augmentation progressive des différences de hauteur entre l'alimentation et l'abreuvement encourage les animaux à sauter d'un niveau à l'autre. Les poulettes s'adaptent ensuite facilement à tous les systèmes alternatifs.
Une plus forte densité
La surface développée, plus importante que la surface au sol, permet d'augmenter la densité des poulettes (25/m2 contre 15 pour les élevages au sol). En fin de bande, les caillebotis sont rabattus pour faciliter la sortie des déjections qui sont ensuite exportées en zones de cultures, hors Bretagne.
L'investissement comprend le béton au sol, la réfection du pignon, l'augmentation de la puissance de ventilation et la mise en place de la volière. Il s'élève à 220 000 euros pour 30 000 poulettes, soit 7,30 euros par animal. "La rémunération (travail à façon), supérieure à celle des poulettes au sol, permet de faire face aux annuités et de rémunérer le travail", estime l'éleveur. Il a l'intention de transformer rapidement un autre poulailler, en volière pour poulettes.
Patrick Bégos
Progression des équipements en volière
Sébastien Guinard, de Mafrel, évalue à 10 volières Jump Start soit 270 000 places de poulettes, les équipements mis en place dans l'Ouest. L'élevage des poulettes en volière est le premier maillon permettant de produire des œufs avec des poules élevées selon ce système. Dans le Grand Ouest, il y aurait actuellement 400 000 places de pondeuses dans ce type.