
Plus de moyens techniques et une meilleure communication. C'est ainsi que Rémi Briand, président de France Pie Rouge, résume l'intégration récente de la Pie Rouge à Créavia. La diffusion de catalogues ou plaquettes, la vente de génisses génotypées au Space, ou la participation prochaine d'animaux de la race à la journée génétique de Blain, doivent permettre aux éleveurs de faire connaître leurs produits. Cette promotion peut inciter certains éleveurs de "noires" à utiliser des taureaux rouges. "En 2009, nous avons enregistré 1000 inséminations premières supplémentaires avec de la semence Pie Rouge sur des vaches Prim'holstein. Essentiellement en raison des bons index fonctionnels des taureaux de la race", indique René Nicolas, administrateur. Le codage des animaux nés de ces accouplements, dans l'une ou l'autre des deux races aux gènes partiellement communs, est désormais facilité.
Génisses collectées en station
Le nouveau dispositif Créavia, qui vise à élaborer la génétique de demain, est également une opportunité pour la race Pie rouge. Les contrats entre les éleveurs et l'unité de sélection offrent des solutions innovantes, adaptées à la situation de chaque élevage. Les contrats "donneurs" permettent d'intensifier le travail de sélection sur les meilleures femelles. Parmi ceux-ci, les contrats "Excellence" concernent la crème des génisses, au vu de leurs index génomiques. "Nous avons actuellement 5 femelles en station et 8 en élevage. Les premières sont collectées trois fois et accouplées à trois taureaux différents. Les 8 autres, en élevage, sont collectées deux fois", indique Olivier Catros, de France Pie Rouge. Les contrats "donneur classique" concernent de bonnes femelles qui sont transplantées ou inséminées. "Ces contrats ont l'avantage d'élargir la base de sélection et d'assurer une réelle variabilité génétique". Les contrats "receveurs" complètent le dispositif. Leur rôle est d'assurer la multiplication des femelles élites, en implantant les embryons sur leurs vaches. 83 éleveurs, sont, à ce jour, engagés par l'un ou l'autre des contrats.
Les éleveurs qui souhaitent connaître la valeur génomique de leurs jeunes femelles, non retenues dans le schéma de sélection, peuvent le faire pour 250 euros. Si l'un des animaux présente un très bon index et une origine intéressante (variabilité génétique), il est intégré au dispositif. L'éleveur est alors remboursé pour les frais engagés.
Sur les 75 veaux mâles issus de ces accouplements, 25 rentreront en centre d'insémination. Jusqu'à présent les jeunes taureaux, qualifiés "avenir", au vu de leur index génomique, sont mis à l'épreuve du testage. Dans moins d'un an, les taureaux Pie Rouge, comme les Prim'Holstein, auront un index génotype aussi fiable que celui qui découle du testage, avec un CD de 0,7 À 0,8, y compris pour les caractères fonctionnels. Une évolution qui signera la fin de la mise à l'épreuve.
Bernard Laurent
Photo : Les éleveurs Pie Rouge ont assisté, mercredi dernier, à une présentation des animaux du Gaec de la Noée à Pleugriffet (56)