La France exporte moins. C’est la révélation des chiffres présentés par le gouvernement. La balance extérieure du commerce français était habituée à pencher du côté des exportations, grâce au secteur agro-alimentaire. Même en Europe, la position de la France s’est lourdement affaiblie en 2009. L’économie bretonne fortement structurée autour de l’agro-alimentaire est particulièrement exposée. Elle se trouve en Europe, loin des grandes concentrations de populations. Phénomène accentué par la conversion des pays d’Europe centrale à l’économie de marché avec leur entrée dans l’Union. Le transport représente alors une part plus importante et les nouvelles taxes écologiques viennent alourdir l’addition. Ainsi, la France n’est que le 6ème pays exportateur de viande porcine, sachant que 56% de la production nationale est réalisée dans notre région. Les distorsions en matière de réglementation et de coûts salariaux avec l’Allemagne pénalisent les filières porcine et volaille. Mais aussi le retard dans la restructuration des outils industriels français. Tandis que des pays comme l’Allemagne ou la Pologne, au centre de l’Europe développent leurs propres productions. Les coûts salariaux dans la filière fruits et légumes expliquent en partie la perte de compétitivité de la filière. Alors, la solution : plus de valeur ajoutée dans les produits ? L’agro-alimentaire breton est caractérisé par une valeur ajoutée plus faible que la moyenne. Cependant, cette sacro-sainte “valeur ajoutée” ne résoudra pas tous les problèmes. La valeur ajoutée du produit, ce sont des investissements dans la recherche et le développement, le marketing, la construction de marques fortes, donc de la mobilisation de capitaux et pas toujours des volumes supplémentaires pour les producteurs. Valeur ajoutée et quantité, prix et volumes, les deux sont nécessaires.